Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Benoît Le V. (France)

Le 02 novembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

Je souhaite savoir si gendarmette est le terme officiel pour un gendarme de sexe féminin. Est-ce péjoratif ?

Benoît Le V. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le nom gendarme est un nom masculin qui peut désigner un homme comme une femme (comme les féminins sentinelle ou vedette d’ailleurs). Je vous conseille donc le masculin. On peut si on le souhaite parler de femme gendarme. Certains textes font de gendarme un épicène (un/une gendarme). Quoi qu’il en soit, l’emploi du mot gendarmette est réservé, j’en ai bien peur, à l’évocation des personnages d’une célèbre comédie avec Louis de Funès.

Cordialement.

Emmanuelle D. (France)

Le 02 novembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

Professeur de FLE (français langue étrangère ou seconde) je reçois des questions de mes élèves ...

Pourquoi ne prononçons-nous pas le « r » de premier ou tous les verbes en « er » alors que nous prononçons celui de cuiller ... ?

Pourquoi pour certains mots ne prononçons-nous pas les dernières lettres (drap, pont, rat, jet) alors que pour les mois de l’année, c’est l’inverse : mars, avril, août ...

Merci pour les éclaircissements !

Emmanuelle D. (France)

L’Académie répond :

Madame,

C’est l’évolution phonétique qui explique le passage du latin -are au français -er pour l’infinitif des verbes du premier groupe.

La prononciation de cuiller s’explique par le fait qu’il s’agit d’un nom féminin, aussi écrit cuillère.

Les occlusives p, b, t, d, k et g ne sont en général pas prononcées ; ce sont le plus souvent des lettres étymologiques. À l’origine, le t d’août ne se faisait pas entendre et, aujourd’hui encore, il n’est pas incorrect de ne pas le prononcer. Il a été ajouté pour ne pas être confondu avec ou, houx et .

Les liquides l et r sont plus souvent prononcées, mais les mois ne sont pas un cas particulier : r final n’est pas prononcé dans février ou janvier ; t ne l’est pas dans juillet.

Cordialement.

 

 

Johanna S. (Afrique du Sud)

Le 02 novembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour. Je suis professeur de français et mes étudiants m’ont demandé quelle est la différence entre « approcher de » et « s’approcher de ».

Je sais lequel il faut utiliser dans un certain contexte, mais difficile, voire impossible d’expliquer. Je vous remercie de votre aide.

Johanna S. (Afrique du Sud)

L’Académie répond :

Madame,

Ces deux termes sont synonymes, mais en règle générale, quand le sujet est un nom de chose on emploie approcher ; quand le sujet est un nom de personne, on peut employer approcher ou s’approcher. On dira ainsi L’ennemi approche ou s’approche de la ville, mais la nuit approche.

Cordialement.

Liliane B. (France)

Le 02 novembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour !

Je voudrai savoir si « chauffeur » au féminin c’est « chauffeuse » ?

Merci.

Liliane B. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Le nom chauffeur désigne à la fois un homme ou une femme. On dit Elle est chauffeur de taxi ; la forme chauffeuse s’est employée naguère pour désigner une femme qui conduit un véhicule. On lisait ainsi dans la 8e édition de notre Dictionnaire : Elle a obtenu son permis de chauffeuse ; ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Cordialement.

 

Ludivine Ch. (France)

Le 02 novembre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

Avec mes collègues, nous nous interrogeons sur la locution « dépiler des mails » (expression en vogue au retour des vacances !). Cette expression est-elle correcte ?

Vous remerciant par avance pour votre réponse.

Bien cordialement.

Ludivine Ch. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Il y a deux verbes dépiler. Le premier signifie « abattre les piliers d’une mine ou d’une carrière que l’on n’exploite plus ».

Le second signifie « faire tomber les poils ou les cheveux ».

On évitera donc dépiler les mails, expression dans laquelle mails devrait être remplacé par courriels.

Cordialement.

Robert D. (Maurice)

Le 02 novembre 2017

Courrier des internautes

Dit-on archère comme féminin du mot archer en parlant d’une tireuse à l’arc ?

Merci.

Robert D. (Maurice)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le mot archère existe, mais il est peu usité, au sens de tireuse à l’arc.

Archère désigne surtout une meurtrière oblongue pratiquée dans les murs d’un château fort ou d’une forteresse par laquelle les archers tiraient à l’arc ou à l’arbalète.

Cordialement.

Aurore V. (France)

Le 05 octobre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

Je souhaiterais connaître le féminin pour les noms masculins se terminant en -teur. Quelle est la règle à appliquer : -teur devient -teuse ou -teur devient -trice ?

En effet, j’ai été étonnée de lire que le féminin d'emprunteur était emprunteuse, étant habituée à écrire empruntrice. En comparaison, navigateur devient navigatrice, animateur devient animatrice.

Je vous remercie pour votre éclaircissement sur ce sujet.

Bien à vous.

Aurore V. (France)

L’Académie répond :

Madame,

En français, les masculins en -teur donnent des substantifs féminins en -trice ou en -teuse selon les cas. De nombreux termes sont concernés et cela est tout à fait correct : accoucheur, -euse ; acheteur, -euse.

On ne peut dire qu’emprunteuse. Voyez La Cigale et la Fourmi :

« La fourmi n’est pas prêteuse;

C’est là son moindre défaut !

Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse. »

Cordialement.

Karine E. (France)

Le 05 octobre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

Je voudrais savoir si le terme « légistique » a été agréé par l’Académie. Utilisé en droit, il désigne une discipline proposant des connaissances et des méthodes au service de la formation des textes législatifs.

Dans l’attente de vos nouvelles, je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Karine E. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Ce terme ne figure dans aucun des ouvrages que j’ai consultés.

Il est encore trop peu répandu pour figurer dans des dictionnaires d’usage courant, mais on le trouve, par exemple, sur Légifrance, le site officiel du gouvernement français pour la diffusion des textes législatifs et règlementaires.

Cordialement.

Kim Laï T. (France)

Le 05 octobre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

J’ai pu lire plusieurs fois l’expression « faire la mendicité ». Il me semble qu’il convient plutôt de dire « mendier ».

Cordialement.

Kim Laï T. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Vous avez raison. On doit dire mendier. Faire la + nom s’emploie pour la personne qui donne : Faire la charité, faire l’aumône. Quand on emploie mendicité avec un verbe on utilise le plus souvent les expressions Être réduit à la mendicité ou se livrer à la mendicité.

Cordialement.

Louis B. (Belgique)

Le 05 octobre 2017

Courrier des internautes

Bonjour,

Depuis plusieurs mois, je me demande d’où viennent les différentes terminaisons des métiers qui nous entourent, en particulier ceux de la maison.

Pourquoi un cuisiniste, et pas un « plombiste» mais un plombier ? Je me pose surtout la question sur les terminaisons « iste» « ien» et « ier».

Merci d'avance.

Louis B. (Belgique)

L’Académie répond :

Monsieur,

À l’origine les noms de métier en -ier viennent de noms latins en -arius ; ainsi ânier est issu du latin asinarius, bouvier du latin bovarius. Ce suffixe est devenu très productif ; on a ainsi boutiquier, buvetier, cafetier, etc. Les noms en -iste sont empruntés, par l’intermédiaire de noms latins en -ista, de noms grecs en -istès.

Alchimiste est emprunté du latin alchimista ; catéchiste, du grec katêkhistès.

Par analogie, on a formé beaucoup de noms de métier grâce à ce suffixe : buraliste, bouquiniste…

Quelques noms en -ien sont issus de formes latines en -anus ou en -aeus : pharisien vient de pharisaeus.

Le plus souvent les noms en -ier sont réservés à des métiers manuels, les noms en -iste, à des métiers intellectuels et les formes en -ien à des adjectifs de nationalité.

Cordialement.

Pages