Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

J. Xavier C. (France)

Le 7 novembre 2019

Courrier des internautes

Bonjour, je m’interroge sur la prononciation des mots qui finissent par -us : quand faut-il prononcer le « s » ? exemple : on ne le prononce pas pour talus, opus, ardus, mais on prononce pour malus, anus ou humus.

J. Xavier C. (France)

L’Académie répond :

En général dans les mots empruntés du latin qui ont conservé leur forme originale, le s final se fait entendre. C’est pourquoi on l’entend aussi dans opus.

Quand il s’agit de mots en -u au pluriel, on ne prononce jamais le s, comme dans ardu, ardus.

Jason L. (France)

Le 7 novembre 2019

Courrier des internautes

Bonjour, j’aimerais savoir la position de la langue française et de l’Académie française concernant la désignation de la province la plus au nord de l’Italie « Trentino Alto-Adige/Südtirol ». Parlons-nous du Haut-Adige ou du Tyrol du Sud pour désigner la partie germanophone dont le chef-lieu est Bolzano/Bozen ? D’ailleurs, pouvons-nous appeler la ville Bolzane ? Faisons-nous un choix politique si nous utilisons un terme et pas l’autre ?

Je vous remercie pour votre réponse.

Jason L. (France)

L’Académie répond :

À ma connaissance, cette ville n’a jamais été appelé Bolzane.

Le Larousse du xixe la présente à l’article Bolzen, en signalant qu’on dit aussi Bolzano. Le Larousse du xxe fait l’inverse.

On trouve à la fois Trentin Haut-Adige et Tyrol du Sud.

Je ne pense pas que choisir l’un ou l’autre soit un choix politique, le premier nom a un caractère plus administratif, le second, plus géographique.

Jérémy B. (France)

Le 7 novembre 2019

Courrier des internautes

Apiculteur, bientôt professionnel, j’entends utiliser de temps en temps un mot particulier (« anecbalique »), qui signifie que la reine d’une ruche en tolère une autre. Ce qui « ne devrait pas » être possible, une ruche ne supportant qu’une seule reine.

Passionné par notre langue et la richesse de son vocabulaire, je n’arrive pas à trouver l’étymologie de ce mot, ni une définition vraiment précise. Vous serait-il possible de m’éclairer concernant ?

Je vous remercie d’avance et vous prie d’agréer l’expression de mes meilleures salutations,

 

Jérémy B. (France)

L’Académie répond :

Ce mot ne figure dans aucun des ouvrages que j’ai consultés (on le trouve néanmoins dans nombre de publications spécialisées), mais il est vraisemblablement formé à partir d’éléments grecs : le préfixe négatif ou privatif an- et le verbe ekballein, « lancer en dehors, repousser, chasser », lui-même formé du préfixe ek-, « de, hors de », et du verbe ballein, « lancer » – à l’origine, entre autres, de mots comme discobole ou balistique. La reine anecbalique est donc bien une reine « qui ne chasse pas, qui ne repousse pas ».

Jonathan C. (Belgique)

Le 7 novembre 2019

Courrier des internautes

Bonjour, j’écris pour savoir s’il existe un mot plus fort que amour ou aimer. Car je trouve que ce mot n’est pas suffisant pour exprimer ce que je ressens à ma future femme.

Jonathan C. (Belgique)

L’Académie répond :

Vaste problème qui se pose depuis que l’espèce humaine sait parler et sait aimer. Le mot amour semble parfois usé. Il vous appartient de trouver des périphrases qui sauront exprimer au mieux la force de vos sentiments.

Mariane M. (France)

Le 7 novembre 2019

Courrier des internautes

Bonjour,

En lisant les « Contes humoristiques » de T. Gautier, et plus particulièrement « Le Garde National réfractaire », je suis tombé sur cette phrase : « Pendant un an, le réfractaire a connu les angoisses des voleurs et mené la vie errante des proscrits, la plus atroce vie que l’on puisse imaginer, le tout pour aboutir à ce Spielberg du quai d’Austerlitz, que l’on nomme Maison d’arrêt de la Garde Nationale, et plus familièrement, Bazancourt, ou l’Hôtel des Haricots. » J’ai été surpris de retrouver le mot « Spielberg » dans un texte du xixe siècle alors que je l’ai toujours identifié au réalisateur de cinéma. J’ai voulu retrouver la signification de ce mot à cette époque, mais aucune trace sur les différents dictionnaires que j’ai consultés hormis quelques noms de ville et le fameux réalisateur de cinéma. De plus en consultant une carte, je n’ai trouvé aucun lieu ayant pour nom « Spielberg » à Paris. Pourriez-vous m’aider à trouver le sens de ce mot ?

Mariane M. (France)

 

L’Académie répond :

Madame,

La forteresse du Spielberg est située à côté de Brno, anciennement Brünn, la capitale de la Moravie, en Tchéquie. C’était une prison d’État.

On y enferma des révolutionnaires français et des patriotes italiens voulant se débarrasser du joug de l’empire d’Autriche-Hongrie.

Au nombre de ces derniers figurait Silvio Pellico qui, après sa libération, a raconté sa captivité dans Le Mie Prigioni, « Mes prisons ».

Pascal T. (France)

Le 7 novembre 2019

Courrier des internautes

Madame, Monsieur,

La pêche au thon est pratiquée par des navires qui sont des thoniers. Il y a une centaine d’années, ce mot s’écrivait fréquemment « thonnier ». Auriez-vous une explication à ce changement d’orthographe ?

Pascal T. (France)

L’Académie répond :

La seule forme correcte est thonier. Si on a parfois trouver thonnier, c’est par analogie avec des mots comme pigeonnier ou fauconnier et parce que des mots en -onnier sont beaucoup plus fréquents en français que les mots en -onier.

Patrick N. (France)

Le 7 novembre 2019

Courrier des internautes

Je suis irrité d’entendre les journalistes parler du « bregzit » et non pas pas du « brexssit » : les journalistes prennent-ils un « tagzi » ? !!!! Pourriez-vous m’éclairer ? Grand merci par avance.

Patrick N. (France)

L’Académie répond :

Il s’agit d’une faute liée à un phénomène phonétique appelé assimilation progressive. Au contact du son è, une voyelle très sonore, le groupe -ks-, noté par x, se sonorise et devient gz. On a le même phénomène avec examen, prononcé ègza.

Aliénor D. (France)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Je souhaiterais savoir s’il est possible de dire « les » + substantif singulier « et » substantif singulier. Par exemple : « Je donne mes nom, adresse et numéro de téléphone pour que vous puissiez me contacter ».

Le cas échéant, je suis preneuse de la règle générale.

Aliénor D. (France)

L’Académie répond :

C’est ce que l’on doit faire. On écrit ainsi tu honoreras tes père et mère. Quand un déterminant commande deux noms singuliers ou plus, il se met au pluriel. Notez qu’un substantif au pluriel peut commander également deux adjectifs au singulier : Les littératures anglaise et française…

Aline S. (France)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Madame, Monsieur,

Dans L’Ingénu (chap I), Voltaire écrit : « [Il tenait dans sa main] une espèce de bourse dans laquelle était un gobelet et de très bon biscuit de mer. » Merci de bien vouloir m’expliquer l’accord au singulier de « biscuit » puisque j’aurais spontanément orthographié « de très bons biscuits ».

Aline S. (France)

L’Académie répond :

Il s’agit d’un tour classique. De s’employait sans l’article quand un adjectif précédait le substantif. Boire de bon vin, d’excellent vin. Aujourd’hui, cet emploi est précieux et vieilli et l’on dit couramment boire du bon, de l’excellent vin.

De plus, à l’époque biscuit s’utilisait au singulier et désignait un pain très sec en forme de galette, peu levé et auquel une cuisson prolongée assurait une longue conservation.

Arnaud D. (France)

Le 3 octobre 2019

Courrier des internautes

Chercheur, généticien, j’entends depuis une dizaine d’années tous mes collègues utiliser le mot trait pour désigner un caractère (au sens de caractéristique individuelle) d’un organisme. J’ai le sentiment profond qu’il s’agit d’un anglicisme car le mot anglais désignant un caractère est trait. Et comme il existe en français l’expression « trait de caractère » je suis persuadé que le glissement a été encore plus aisé. J’aimerais beaucoup avoir votre éclairage sur ce sujet, et je vous adresse ma demande tout simplement car on peut aimer les sciences et sa langue.

Bien sincèrement.

Arnaud D. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

En français, le mot trait désigne depuis le xviie siècle une manière d’agir qui est le reflet d’une qualité ou la marque d’un caractère. Ce sens est toujours présent dans la locution que vous mentionnez : « un trait de caractère ». Ce mot désigne de façon plus générale, depuis le xviiie siècle, un élément caractéristique qui permet de reconnaître une chose ou une personne.

Comme vous le signalez, le mot trait souffre en biologie de l’existence de son homologue anglais trait, que l’on traduit le plus souvent par « caractère », bien que de nombreux ouvrages français de biologie emploient tout de même trait.

Dans le langage courant, il n’y aucun obstacle à l’utilisation absolue, bien que peu courante, du mot trait pour désigner une caractéristique, comme dans la phrase « les grands traits d’un courant littéraire ».

En biologie, on préfèrera le mot « caractère » au mot trait, comme cela est conseillé par la base de données France Terme, élaborée par le ministère de la Culture. On y trouve notamment l’équivalent français de l’abréviation Q.T.L. : « QTL, quantitative trait locus : Locus à caractère quantitatif. Locus dont les allèles ont des effets différents et mesurables sur un caractère quantitatif. »

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