Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Agnès C. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

Je suis professeur de français, et j’ai du mal à expliquer à mes élèves la différence entre les expressions être terrorisé et être terrifié. Pourriez-vous m’aider ? Merci d’avance.

Agnès C. (France)

L’Académie répond :

Ces participes passés sont aujourd’hui quasi synonymes mais les verbes dont ils sont tirés ne le sont pas exactement. Terroriser ne veut pas dire terrifier, mais établir un régime de terreur. Pour terroriser il faut une organisation et une durée qu’on ne trouve pas dans terrifier.

D’autre part l’empreinte de la terreur est plus durable chez ceux qui ont été terrorisés que chez ceux qu’une chose a terrifiés.

Akash G. (Maurice)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

Doit-on écrire Il avait des cheveux blancs ou Il avait les cheveux blancs ?

Akash G. (Maurice)

L’Académie répond :

Les deux peuvent se dire, mais n’ont pas exactement le même sens. Il avait les cheveux blancs signifie que tous ses cheveux étaient blancs. Il avait des cheveux blancs signifie que, dans l’ensemble de ses cheveux, plusieurs étaient blancs.

Alice U. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

Tenir « la dragée haute » ? Or « mettre la barre haut » (adverbe) est la formulation correcte : pouvez-vous m’expliquer cette différence ?

Je vous remercie de la réponse que vous pourrez m’apporter.

Alice U. (France)

L’Académie répond :

Dans mettre la barre haut, on considère que haut est adverbe et qu’il se rapporte à mettre, alors que dans tenir la dragée haute, que l’on peut considérer comme une locution figée, on fait de haute un attribut du C.O.D. dragée.

Benjamin F. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

Pourquoi le mot « apeuré » signifie-t-il avoir peur ? Alors qu’avec le préfixe « a », on pourrait s’attendre au sens contraire : l’absence de peur.

Benjamin F. (France)

L’Académie répond :

Il y a deux préfixes a- en français. L’un, dit privatif, est emprunté du préfixe grec a- (et an- devant une voyelle) et, en composition, exprime l’idée d’absence, de privation. On le trouve, entre de nombreux autres exemples, dans amoral, asocial, analphabète, etc.

L’autre est tiré du préverbe latin ad-, qui exprime la direction vers, l’approche et le commencement d’une action. On trouve aussi, les variantes ac-, ad-, af-, al-, am-, ar-, as-, at-.

On l’a, entre autres exemples, dans accabler, adoucir, affronter, alanguir, amaigrir, arraisonner, assagir, attabler, apeurer, etc.

Félix-Aurélien M. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

J’aurais deux questions à soumettre à l’Académie française :

Dans une phrase telle que : « l’ataraxie est absence de trouble », doit-on écrire trouble au singulier ou au pluriel, et pourquoi ?

En outre, je suis récemment tombé sur le terme « impedimenta », parfois retranscrit « impédiments », laquelle de ces graphies est exacte ? Le terme est-il encore usité ?

Félix-Aurélien M. (France)

L’Académie répond :

1) On peut trouver les deux formes, mais il est préférable d’écrire troubles. On dit en effet, généralement, les troubles d’une personne et non le trouble d’une personne.

2) Le Trésor de la langue française précise qu’impédiments est un synonyme d’impedimenta. On le trouve dans Littré, chez Gide, etc.; mais il est préférable d’utiliser impedimenta.

Isabelle L. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

Bonjour, j’entends souvent dire « je suis arrivée en première », ce qui m’interpelle. Je comprends que l’on puisse dire je suis arrivée la première mais pas en première. J’ai des difficultés à trouver une règle à ce sujet.

Pourriez-vous m’éclairer ? Merci.

Isabelle L. (France)

L’Académie répond :

En premier, qui signifie « d’abord, pour commencer », est une locution adverbiale; elle est donc invariable. On dira alors elle est arrivée en premier ou, mieux, elle est arrivée la première.

Michel D. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

Pourquoi les mots « gyrophare » et « gyroscope » prennent- ils un « y » et « giratoire » un « i » ?

Le point commun n’est-il pas la notion de mouvement circulaire que l’on retrouve dans le « Giro » d’Italie ? Merci.

Michel D. (France)

L’Académie répond :

Tous ces mots sont dérivés du latin gyrare, « tourner, faire tourner en rond ». On a jadis écrit giratoire et gyratoire, mais la première forme s’est imposée.

Gyrophare et gyroscape, plus récents, ont conservé un lien plus formel avec leur étymon, c’est-à-dire leur racine étymologique.

Sybille L. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

Avec la tournure « en cas de manquement, » on emploie le futur ou le conditionnel ?

En cas de manquement, nous serons dans l’obligation de ou En cas de manquement, nous serions dans l’obligation de vous demander le reversement de la bourse allouée...

Merci par avance de votre aide.

Sybille L. (France)

L’Académie répond :

Il est impossible de répondre à votre question ; en effet, dans un système hypothétique, l’emploi du futur ou du conditionnel dans la principale dépend de la forme employée dans la subordonnée ? si c’est un présent, on aura le futur dans la principale : si tu viens, il sera ravi. Si c’est un imparfait, on aura un conditionnel dans la principale. Si tu venais, il serait ravi.

Dans le texte que vous nous soumettez, la subordonnée est une phrase nominale: nous n’avons pas d’indication temporelle.

Vous pourrez donc choisir une forme ou l’autre selon que vous considérez que ce manquement est plus ou moins envisageable, mais il faut ajouter que l’emploi du conditionnel permet d’adoucir le caractère menaçant et inéluctable que l’on trouve dans le futur.

Claude C. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Depuis quand le ç existe-t-il ?

Merci de m’éclairer. Je fais de la généalogie et dans certains noms de famille je rencontre ce genre de petit problème.

Claude C. (France)

L’Académie répond :

La cédille, en français, sert à garder au c le son « s » devant a, o, u. Au moyen âge, on a parfois utilisé à cette même fin le digramme cz (faczon), mais plus souvent le digramme ce (faceon), qui ne s’est conservé que dans douceâtre.

La cédille a été empruntée à l’espagnol par l’imprimeur Geoffroy Tory, en 1529, dans un traité de calligraphie et de typographie. Son usage ne s’est répandu que lentement.

Il convient de conserver ce signe diacritique au C majuscule tout comme les accents doivent être conservés sur les majuscules.

Jacques-Olivier M. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Ayant trouvé plusieurs orthographes de « de Gaulle », je souhaiterai savoir celle qu’il convient d’employer. Faut-il utiliser une majuscule pour la particule (nom d’origine flamande) et dans quels cas ?

Vous remerciant à l’avance de votre recherche, je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.

Jacques-Olivier M. (France)

L’Académie répond :

La particule française de incluse entre le prénom et le nom conserve la minuscule : François de Chateaubriand, Jeanne d’Arc. Dans les textes courants, cette particule s’écrit toujours avec la minuscule, même si elle devient initiale du nom propre (sauf évidemment en début de phrase : « D’Alembert disait ... ») : une plaidoirie de de Sèze, les Mémoires de d’Artagnan.

Rappelons que, à la différence de ces derniers noms, les noms qui ne sont pas monosyllabiques ou qui ne commencent pas par une voyelle gardent leur particule uniquement si le prénom, le titre, le grade ou la fonction sont indiqués (D’Alembert disait… mais Chateaubriand écrivait… ; une plaidoirie de de Sèze mais une plaidoirie de Malesherbes ; les Mémoires de Saint-Simon, etc.).

(La particule ne prendra la majuscule que lorsqu’il y a risque de confusion avec la préposition grammaticale, par exemple dans l’intitulé de sociétés : les automobiles De Dion-Bouton.)

Par ailleurs le nom de Gaulle est attesté sous cette forme, en diverses régions de France, depuis le XIIIe siècle, et la lignée est continue depuis le XVIe siècle. Il convient donc de respecter cette graphie, telle qu’elle figure d’ailleurs, de la main même du général, au bas de l’appel du 18 juin 1940 : on dira donc un discours de de Gaulle ou, si l’on souhaite éviter la répétition inélégante de de, un discours du général de Gaulle.

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