Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Axel P. (France)

Le 04 mai 2018

Courrier des internautes

Les verbes du 2e groupe ont comme dérivés des substantifs masculins terminés par i. Exemples :

Affranchir, un affranchi. Étourdir, un étourdi, etc.

Le nom « vernis » semble faire exception à la règle.

Pour quelle raison?

Axel P. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Les verbes du 2e groupe ont des dérivés nominaux en -i : un affranchi, un étourdi. C’est aussi le cas pour un verni quand ce nom désigne une personne chanceuse. Vernis n’est pas tiré de vernir, c’est l’inverse. Le verbe vernir est dérivé du nom vernis. Ce dernier est issu de l’italien vernice, « vernis », lui-même issu du latin médiéval veronice, « résine ». Veronice vient du grec byzantin Beronikê, « résine, ambre », qui est peut-être lié à Berenikê, ancien nom d’une ville de Cyrénaïque.

Cordialement.

François C. (Suisse)

Le 04 mai 2018

Courrier des internautes

J’ai écrit un manuscrit d’un roman policier se passant au xixe siècle en Angleterre.

Le mot « bobby », que je n’ai pas trouvé dans le dictionnaire Larousse 2008, figure sur le site internet de Larousse. Est-il incorrect de l’utiliser ou vaut-il mieux l’éviter ?

Meilleures salutations.

François C. (Suisse)

L’Académie répond :

Monsieur,

Bobby s’est développé en Angleterre dans les années 1835-1845. Le nom a été donné aux policiers parce que l’on appelait familièrement Bobby sir Robert Peel, qui fut ministre de l’Intérieur et réorganisa la police métropolitaine de Londres. Ces mêmes policiers furent d’ailleurs également appelés, particulièrement en Irlande, des peelers.

Vous pouvez employer bobby si votre roman se passe dans la deuxième moitié du xixe siècle, ou après.

Cordialement.

Jean-Philippe Lo C. (France)

Le 04 mai 2018

Courrier des internautes

À titre d’exemple, doit-on prononcer « un vilain homme » ; « un soudain amoncellement » de la façon suivante :

- un vilain « e » homme ?

- un soudain « e » amoncellement ?

Ou doit-on maintenir le son [ɛ̃] ?

Existe-t-il d’autres cas où malgré le masculin, la prononciation au « féminin » prévaut ? et des exceptions ?

Grand merci à vous et bien cordialement.

Jean-Philippe Lo C. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Dans les deux cas d’adjectifs antéposés que vous évoquez, la liaison fait que le n final de vilain et de soudain est prononcé. Normalement ce n sert à nasaliser la voyelle précédente, qui passe de in à ène. Quand n reprend son rôle de consonne, il cesse de nasaliser cette voyelle.

Ce phénomène se rencontre aussi pour les terminaisons « in » ou en « ein » : le divin enfant ; le plein emploi…

Cordialement.

Laurence D. (France)

Le 04 mai 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Peut-on utiliser « bien que » avec un adjectif ou doit-on systématiquement mettre une subordonnée après ?

Exemple : « Bien que fatigué, il... » ou « Bien qu’il soit fatigué, il... ».

Merci beaucoup !

Laurence D. (France)

L’Académie répond :

Madame,

La locution conjonction de subordination bien que introduit une proposition concessive au subjonctif ou au participe : Bien qu’il soit malade, il viendra ; Bien qu’étant malade, il viendra. On trouve également un adjectif avec l’ellipse du verbe : Bien que belle, elle n’est pas vaniteuse.

Cordialement.

Madeleyn N. (France)

Le 04 mai 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Je cherche l’origine de l’expression « un repas de brebis ». Je sais que c’est un repas sans boire mais d’où vient cette expression ? Je n’ai pas trouvé de référence sur le site de l’Académie française ni ailleurs.

Madeleyn N. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Cette expression se rencontre d’abord dans l’expression « faire un dîner de brebis », dans le Dictionnaire d’Antoine Oudin, au xviie siècle.

Je pense qu’elle est tirée de l’observation du fait que, quand les brebis (mais cela aurait été valable pour d’autres animaux) paissent, elles ne boivent pas.

Cordialement.

Philippe R. (France)

Le 04 mai 2018

Courrier des internautes

Je me posais la question récemment, au sujet de la formule : « il est tout nu », de savoir si au pluriel il valait mieux utiliser la formule « ils sont tous nus » ou au contraire la formule « ils sont “tout nu” » en mettant cette dernière entre guillemets (pour éviter les fautes d’orthographe). Cette dernière formule me paraissant mieux exprimer l’état de nudité que la formule « ils sont tous nus » que je trouve un peu plate !

Philippe R. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le pluriel d’Il est tout nu est Ils sont tout nus.

Dans ce cas tout est un adverbe qui signifie « entièrement ».

On distinguera bien Ils sont tout nus, « ils sont entièrement nus » et Ils sont tous (le s se prononce…) nus, « ils sont nus sans exception ».

Cordialement.

Thierry S. (France)

Le 04 mai 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Alors qu’il y a unanimité sur la prononciation du mot « oignon » (prononcé o-gnon par tous), il y a semble-t-il clivage sur le mot « moignon » dont on entend les deux prononciations : mo-gnon ou moi-gnon.

Quelle est la bonne prononciation ?

Avec tous mes remerciements,

Cordialement.

Thierry S. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Même si Littré préférait la forme mo-gnon et écrivait « d’autres disent moi-gnon ; mo-gnon est le plus usité et est le meilleur ; comparez oignon », la forme en usage aujourd’hui est moi-gnon. C’était déjà celle que recommandait Féraud dans son Dictionnaire critique de la langue française en 1787.

Cordialement.

Valérie C. (France)

Le 04 mai 2018

Courrier des internautes

Cher immortel,

Pardon de vous troubler en votre état d’immortalité, mais une question de conjugaison me taraude : il existe une forme passé de l’impératif (ex. aie mangé). Dans quel cas utilise-t-on ce temps ?

Merci.

Valérie C. (France)

L’Académie répond :

Madame,

On l’emploie quand l’action décrite par l’impératif est antérieure à une autre action à venir.

Aie mangé à huit heures, aie fini ton travail avant de jouer, sois couché quand je rentrerai, etc.

Cordialement.

 

Catherine D. (France)

Le 06 avril 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Est-ce vrai qu’il n’y a pas de règles d’orthographe pour les noms propres ? Pourrait-on écrire alors Janson de Saillie au lieu de Janson de Sailly ?

Merci pour votre réponse,

Cordialement.

Catherine D. (France)

L’Académie répond :

Madame,

La formule est maladroite. On l’employait autrefois pour indiquer que l’on ne sanctionnait pas les élèves qui, dans une dictée, auraient fait une faute d’orthographe à un nom propre qu’ils pouvaient ne pas connaître. D’ailleurs, le plus souvent, le maître écrivait le nom au tableau.

Mais les noms propres ont une orthographe, et plus ces noms sont connus, moins on pardonne les fautes dans leur écriture. On sera indulgent pour une faute dans le nom d’auteur peu connu ; on le sera moins pour qui écrirait Victore Hugault.

Cordialement.

Dominique D. (France)

Le 06 avril 2018

Courrier des internautes

On utilise souvent, y compris dans la presse écrite ou parlée, les verbes : révolutionner, émotionner (ancienne forme du supin) ; pourquoi ne pas les remplacer par bouleverser ou émouvoir ? il est vrai que dans ce dernier cas la conjugaison est plus ardue.

Merci.

Dominique D. (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

1. La forme révolutionner est correcte ; on peut l’employer pour signaler un fort changement quand on estime que bouleverser ne suffirait pas.

2. Nous partageons le point de vue de Remy de Gourmont, qui écrit dans Esthétique de la langue française (1899) : « L’on ne voit pas bien que la langue qui avait émouvoir ait fait, en acceptant émotionner, une acquisition ni très importante ni très belle. »

Cordialement.

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