Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Fabien A. (France)

Le 1 mars 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Combien de syllabes comprend le nom propre (la ville) « Évian » ?

Je me demande si elle en comprend 2 ou 3 ? car la prononciation du « i » d’Évian n’est pas muette, donc, selon moi, constitue une syllabe.

Pourriez-vous me le confirmer ?

Fabien A. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

On ne prononce pas le i d’Évian comme une voyelle, mais comme une semi-consonne [ j ], comme dans viens ! Il n’y a donc que deux syllabes dans ce nom.

Cordialement.

K. (France)

Le 1 mars 2018

Courrier des internautes

Dans les Fables de La Fontaine, il fait usage d’un imparfait de l’indicatif usant d’un « oi » plutôt que d’un « ai ». La terminaison « oi », quoique plus en vigueur dans la conjugaison de l’imparfait de l’indicatif, est-elle une faute lorsqu’on l’emploierait ? ou son utilisation est-elle permise bien que rare ?

K. (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

La forme d’imparfait en -oi est un archaïsme totalement hors d’usage aujourd’hui. Les imprimeurs Pierre et Firmin Didot furent les premiers à remplacer ce groupe oi par ai. L’Académie française n’adopta cette réforme qu’en 1835, pour la sixième édition de son Dictionnaire, alors même que cette réforme était réclamée depuis longtemps par Voltaire.

Employer l’imparfait en oi est aujourd’hui une faute.

Cordialement.

Kenneth Y. (France)

Le 1 mars 2018

Courrier des internautes

Bonjour Madame, bonjour Monsieur,

J’écris pour poser une petite question sur la différence conceptuelle entre « c’est pas mal » et « c’est pas terrible ». J’entends bien que le premier signifie quelque chose de positif alors que le deuxième signifie quelque chose d’assez négatif. Est-ce qu’il y a une raison linguistique pour expliquer ces usages plutôt inattendus (au moins pour un étranger comme je suis) ?

Merci beaucoup.

Kenneth Y. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Mal employé adjectivement a une valeur négative ; nier cette valeur négative est une litote pour souligner les qualités de quelque chose. (C’est un peu l’équivalent du Va, je ne te hais point, de Chimène.)

Terrible peut être employé comme adjectif désignant le très haut niveau. Voyez la chanson du regretté Johnny Halliday Elle est terrible : « … celle qui vient/C’est la plus belle de tout le quartier […]. Cette fille-là, mon vieux/Elle est terrible ». Nier cette valeur positive est un euphémisme servant à dénoncer la médiocrité de telle ou telle chose.

Cordialement.

Marc L. (France)

Le 1 mars 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

J’aimerais un éclaircissement, disons officiel, concernant la différence entre deux adjectifs, à savoir « radiaire » et « radial(e) ».

En tant que physicien je suis adepte de l’adjectif radial. Je suis en contact courant avec des personnes issues des milieux médicaux et nous éprouvons des difficultés pour trouver un juste milieu sur l’utilisation des adjectifs « radiaire » ou « radial ».

D’après mes recherches dans les dictionnaires anciens, je tends à penser que le mot radiaire relève de la biologie, alors que le mot radial relèverait de la caractéristique purement géométrique.

Auriez-vous possibilité de trancher ce débat, ou tout du moins d’apporter quelques informations complémentaires.

Bien à vous.

Marc L. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Radiaire s’emploie effectivement en sciences naturelles et en médecine. Radial s’emploie en géométrie, mais aussi en anatomie, quand cet adjectif signifie « qui se rapporte au radius ».

Cordialement.

A. (France)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

Bonjour

J’ai une question de langue à vous poser. Dans la phrase « Je lui ai remboursé le parfum », j’imagine que l’on peut considérer qu’il y a deux COD: « le parfum » et « lui » (rembourser quelqu’un). Par conséquent, je me demande avec quel COD on doit accorder le participe passé.

Merci.

A. (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

Il n’y a qu’un C.O.D. On dit « rembourser quelqu’un » mais « rembourser quelque chose à quelqu’un ».

Dans Je lui ai remboursé le parfum, « lui » est C.O.I.

Cordialement.

André P. (France)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Puis je utiliser le terme mesure dans une recette où est-ce une erreur ? Ex. : une mesure de... 4 mesures de... 8 mesures de...

Merci d’avance car c’est une vieille recette de ma maman et une personne s’est moquée de moi alors que c’est pour moi plus facile selon le nombre de convives.

André P. (France)

L’Académie répond :

Dans l’article « Mesure » de la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française, vous pouvez lire : « … Spécialt. Quantité que peut contenir le récipient qui est en usage pour la vente de certaines denrées. Une mesure de sel, d’avoine, d’huile ».

Cela dit, les mesures variant selon les produits et les régions, on utilise plutôt de nos jours les grammes, les litres… Dans le cas d’une recette de cuisine, il faudrait s’assurer que le récipient utilisé soit toujours le même.

Cordialement.

Djin D. (Belgique)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Doit-on prononcer cobail ou cobè pour le nom commun cobaye.

Merci.

Djin D. (Belgique)

L’Académie répond :

 

Madame,

Aujourd’hui on prononce cobail ; Cette prononciation se rencontre depuis le xixe siècle, mais, jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, elle était en concurrence avec cobè.

Dans les années 1930, la radio interrogea Joseph Meister, qui était gardien à l’Institut Pasteur, après avoir été, en 1885, la première personne vaccinée contre la rage, et dans cet entretien, il parle à plusieurs reprises de cobayes, qu’il appelle toujours des cobè.

Cordialement.

Michael G. (France)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

Peut-on dire « un petit peu » ?

Michael G. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Ce tour familier est correct. On le lit chez de très grands auteurs comme Sartre, Huysmans, Claudel, Ramuz, Mérimée, Romains, Renard et plus encore chez des auteurs usant d’une langue populaire comme Marcel Aymé ou Céline.

Cordialement.

Pierre S. (Belgique)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

Je m’interroge sur l’emploi de « et notamment », où le « et » me semble inutile et même fautif, introduisant une idée d’ajout alors que le « notamment » est dans l’idée d’inclusion. Le dictionnaire du CNRS ne l’envisage d’ailleurs pas.

Pierre S. (Belgique)

L’Académie répond :

Monsieur,

On trouve 274 fois dans le Trésor de la langue française, le dictionnaire du C.N.R.S., « et notamment ». Dire que ce dictionnaire n’évoque pas cette tournure me semble donc un peu abusif.

Cordialement.

Safya (France)

Le 1 février 2018

Courrier des internautes

Bonjour.

Ma question porte sur la nature grammaticale du mot « au ».

D’après mes connaissances, le mot « au » est rangé dans la classe grammaticale des déterminants, il est plus précisément « un article défini contracté » (contraction de la préposition à et le). Ma question est de savoir s’il est possible que le mot « au » soit une préposition ?

Safya (France)

L’Académie répond :

Madame,

Le mot au est la contraction de la préposition à et de l’article le ; c’est donc à la fois un article et une préposition.

On le voit dans les formes parallèles comme « Je vais à la piscine et au stade » ; il en va de même pour du, contraction de de + le.

Cordialement.

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