Dire, ne pas dire

Emplois fautifs

Affleurer, Effleurer

Le 02 novembre 2017

Emplois fautifs

Les verbes affleurer et effleurer sont tous deux dérivés de fleur et ils ne diffèrent entre eux que par leur voyelle initiale, mais ils ont pourtant des sens bien différents. Fleur, qui s’emploie dans les expressions mettre à fleur, c’est-à-dire « mettre à niveau deux éléments contigus », et être à fleur de, « atteindre la surface de quelque chose », est à l’origine du verbe affleurer, qui peut avoir le sens de l’une ou l’autre de ces expressions. Effleurer est, lui, dérivé de fleur au sens de « surface d’une chose » et s’est d’abord employé avec celui de « dépouiller une plante de ses fleurs » ; ce verbe signifie aujourd’hui « entamer superficiellement », puis « frôler » et, de manière figurée, « se présenter de manière fugace à l’esprit » et enfin « examiner superficiellement ». On veillera donc à ne pas confondre ces deux paronymes.

 

On dit

On ne dit pas

Cette idée ne l’a pas effleuré

La roche affleure sous le sable

Cette idée ne l’a pas affleuré

La roche effleure sous le sable

Ils ont réfléchi sur comment faire

Le 02 novembre 2017

Emplois fautifs

Les prépositions introduisent un complément, le plus souvent un nom ou un pronom, parfois un infinitif. Il existe aussi quelques cas, beaucoup plus rares, où elles forment, avec des adverbes interrogatifs comme quand, combien, une locution interrogative : De quand date ce tableau ? Pour combien le cèderiez-vous ? À quand remonte cette histoire ? De combien vous êtes-vous trompé ? Ces interrogatives directes peuvent être remplacées par des interrogatives indirectes : je me demande de quand date ce tableau. Mais en dehors de ces cas où la préposition se trouve déjà dans l’interrogative directe, faire suivre une préposition d’une interrogative indirecte est une incorrection grave.

 

On dit

On ne dit pas

Avez-vous une idée pour expliquer leur
geste ?

Ils ont réfléchi à la manière de faire

Avez-vous une idée de pourquoi ils ont agi ainsi ?

Ils ont réfléchi sur comment faire

Merci d'avoir été notre invité

Le 02 novembre 2017

Emplois fautifs

On remercie quelqu’un pour ce qu’il a fait. Le remerciement n’est pertinent que si la personne à qui l’on s’adresse a agi de son propre chef et a entrepris quelque chose. Dans le cas contraire, le remerciement n’a pas de sens. On ne remerciera donc pas en disant à une personne dont on avait sollicité l’appui Merci d’avoir été prié de nous accorder votre aide, mais évidemment Merci de nous avoir aidés.

On dit

On ne dit pas

Merci d’avoir accepté notre invitation

Merci d’avoir été notre invité

Réunir ensemble

Le 02 novembre 2017

Emplois fautifs

Les pléonasmes peuvent être des tours stylistiques employés pour donner plus de force à un propos. Ainsi Je l’ai vu de mes yeux ou je l’ai entendu de mes propres oreilles sont des pléonasmes admis et fort usités. Mais dans la majorité des cas, ils sont plus une marque d’inattention de qui parle ou écrit et alourdissent un propos plus qu’ils ne le renforcent. Ils témoignent aussi d’un certain manque de confiance, probablement inconscient, envers les mots de notre langue, et d’un doute dans leur capacité expressive. Mais user de pléonasmes pour lutter contre cette faiblesse supposée est une solution bien pire que le mal que l’on veut combattre, puisque c’est parce que l’on ajoute à certains mots d’autres qui ne sont pas nécessaires que tous s’appauvrissent. Ainsi entend-on de plus en plus souvent la locution réunir ensemble, alors que réunir seul suffirait.

Haltère, planisphère

Le 05 octobre 2017

Emplois fautifs

Haltère et planisphère sont des noms d’usage assez courant et pourtant, bien souvent, on se trompe sur leur genre. Bien que l’un et l’autre soient en effet des masculins, il n’est pas rare d’entendre une haltère ou une planisphère. On peut comprendre cette faute puisque les noms en -ère sont majoritairement féminins et que la proportion est écrasante quand il s’agit des noms en -sphère, tous féminins, à l’exception d’hémisphère et, justement, de planisphère. Il n’en reste pas moins que faire de ces masculins des féminins est une faute et qu’il convient de rendre à ces différents noms leur véritable genre.

On dit

On ne dit pas

De petits haltères

Un très ancien planisphère

De petites haltères

Une très ancienne planisphère

L'apogée, le girofle, la giroflée

Le 05 octobre 2017

Emplois fautifs

On ne fait pas de faute sur le genre du nom giroflée. Tout le monde dit et écrit une giroflée, la giroflée. Mais il faut rappeler que tous les mots en -ée ne sont pas féminins. Si le lycée et le prytanée ne posent évidemment pas de problème, il n’en est pas de même pour quelques autres comme apogée, hypogée et périgée. Ces noms, à l’exception d’apogée, sont peu employés et l’on ne peut s’aider de la présence de l’article pour identifier le genre de ce dernier, puisqu’il commence par une voyelle et que, devant lui, l’article défini le s’élide en l’. De plus, certaines personnes ayant identifié à juste titre dans l’élément -gée, le nom grec de la terre, ou Gaia, et sachant que celui-ci est un féminin, pensent que ces trois noms sont des féminins. Rappelons donc qu’il n’en est rien et signalons également, puisque nous avons commencé par giroflée, que le nom girofle, qui désigne, non pas le fruit du giroflier, mais le bouton de sa fleur, est, lui aussi, un nom masculin.

On dit

On ne dit pas

Épicer avec du girofle

Un glorieux apogée

De beaux hypogées creusés à flanc de colline

Épicer avec de la girofle

Une glorieuse apogée

De belles hypogées creusées à flanc de colline

Le gîte, la gîte

Le 05 octobre 2017

Emplois fautifs

Il existe deux noms gîte en français. Le premier date du xiie siècle et est masculin ; c’est un dérivé du verbe gésir, qui signifie « être couché » et qui s’emploie surtout dans l’expression « ci-gît ». Le gîte désigne un endroit abrité où l’on peut passer la nuit. On ne doit pas le confondre avec son homonyme du xixe siècle, qui désigne, lui, l’inclinaison d’un navire sur un bord et qui est un nom féminin. Si, en effet, on n’entend pas gîte au sens d’« abri où l’on peut dormir » précédé d’un article féminin, son pendant féminin est trop souvent présenté comme un nom masculin, ce qu’il n’est pas.

On dit

On ne dit pas

Le navire prend de la gîte

En donnant de la gîte, nous gagnerons en vitesse

Le navire prend du gîte

En donnant du gîte, nous gagnerons en vitesse

Remplir des informations

Le 05 octobre 2017

Emplois fautifs

Il est écrit sur de nombreux formulaires qu’il faut « remplir les informations ». Il s’agit là d’un tour tout-à-fait incorrect. Remplir peut en effet signifier « compléter un document en comblant les blancs, les espaces laissés vides », mais le complément du verbe est alors questionnaire, fiche, dossier d’inscription, etc. Informations ne peut être que le complément de moyen de ce verbe remplir. On remplit un questionnaire en y faisant figurer les informations demandées.

C'est de cela dont il s'agit

Le 07 septembre 2017

Emplois fautifs

La langue classique admettait l’emploi du pronom relatif dont pour reprendre un nom ou un pronom précédé de la préposition de. On lit ainsi dans Les Amants magnifiques de Molière Ce n’est pas de vous, madame, dont il est amoureux. Mais, aujourd’hui, l’usage et la grammaire condamnent cette tournure puisque dont est l’équivalent de « de qui, de quoi » et qu’il convient donc de ne pas employer ce pronom relatif pour reprendre un nom ou un pronom déjà introduit par la préposition de. C’est donc un pléonasme et une faute de français que de dire C’est de cette affaire dont je vous parle. On doit dire C’est l’affaire dont je vous parle ou C’est de cette affaire que je vous parle.

 

On dit

On ne dit pas

C’est le poème dont je me souviens le Mieux ou C’est de ce poème que je me souviens le mieux

C’est de ce poème dont je me souviens le mieux

Et tout

Le 07 septembre 2017

Emplois fautifs

Le groupe et tout est généralement employé pour introduire un mot, une locution, une proposition annonçant une suite, le plus souvent aux contours indéterminés, à ce qui vient d’être énoncé. On le retrouve donc dans des expressions comme et tout le reste, et tout ce qui s’ensuit, ou dans des formes familière ou populaire comme et tout le bataclan, et tout le saint-frusquin. Ce sont là des utilisations correctes de ces deux mots, mais il convient de ne pas faire d’et tout une forme de ponctuation laissant entendre qu’on laisse en suspens des éléments que l’on a choisi de ne pas dévoiler et qu’on laisse deviner à notre interlocuteur, comme dans Il m’a raconté comment il l’avait rencontrée, qu’il l’avait invitée au restaurant, au cinéma et tout. On se gardera également d’en faire un synonyme maladroit d’et cetera.

 

On dit

On ne dit pas

On lui a fait une prise de sang, un électrocardiogramme et d’autres examens

 

On lui a fait une prise de sang, un électrocardiogramme et tout

 

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