Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Félix-Aurélien M. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

J’aurais deux questions à soumettre à l’Académie française :

Dans une phrase telle que : « l’ataraxie est absence de trouble », doit-on écrire trouble au singulier ou au pluriel, et pourquoi ?

En outre, je suis récemment tombé sur le terme « impedimenta », parfois retranscrit « impédiments », laquelle de ces graphies est exacte ? Le terme est-il encore usité ?

Félix-Aurélien M. (France)

L’Académie répond :

1) On peut trouver les deux formes, mais il est préférable d’écrire troubles. On dit en effet, généralement, les troubles d’une personne et non le trouble d’une personne.

2) Le Trésor de la langue française précise qu’impédiments est un synonyme d’impedimenta. On le trouve dans Littré, chez Gide, etc.; mais il est préférable d’utiliser impedimenta.

Isabelle L. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

Bonjour, j’entends souvent dire « je suis arrivée en première », ce qui m’interpelle. Je comprends que l’on puisse dire je suis arrivée la première mais pas en première. J’ai des difficultés à trouver une règle à ce sujet.

Pourriez-vous m’éclairer ? Merci.

Isabelle L. (France)

L’Académie répond :

En premier, qui signifie « d’abord, pour commencer », est une locution adverbiale; elle est donc invariable. On dira alors elle est arrivée en premier ou, mieux, elle est arrivée la première.

Michel D. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

Pourquoi les mots « gyrophare » et « gyroscope » prennent- ils un « y » et « giratoire » un « i » ?

Le point commun n’est-il pas la notion de mouvement circulaire que l’on retrouve dans le « Giro » d’Italie ? Merci.

Michel D. (France)

L’Académie répond :

Tous ces mots sont dérivés du latin gyrare, « tourner, faire tourner en rond ». On a jadis écrit giratoire et gyratoire, mais la première forme s’est imposée.

Gyrophare et gyroscape, plus récents, ont conservé un lien plus formel avec leur étymon, c’est-à-dire leur racine étymologique.

Sybille L. (France)

Le 8 novembre 2018

Courrier des internautes

Avec la tournure « en cas de manquement, » on emploie le futur ou le conditionnel ?

En cas de manquement, nous serons dans l’obligation de ou En cas de manquement, nous serions dans l’obligation de vous demander le reversement de la bourse allouée...

Merci par avance de votre aide.

Sybille L. (France)

L’Académie répond :

Il est impossible de répondre à votre question ; en effet, dans un système hypothétique, l’emploi du futur ou du conditionnel dans la principale dépend de la forme employée dans la subordonnée ? si c’est un présent, on aura le futur dans la principale : si tu viens, il sera ravi. Si c’est un imparfait, on aura un conditionnel dans la principale. Si tu venais, il serait ravi.

Dans le texte que vous nous soumettez, la subordonnée est une phrase nominale: nous n’avons pas d’indication temporelle.

Vous pourrez donc choisir une forme ou l’autre selon que vous considérez que ce manquement est plus ou moins envisageable, mais il faut ajouter que l’emploi du conditionnel permet d’adoucir le caractère menaçant et inéluctable que l’on trouve dans le futur.

Claude C. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Depuis quand le ç existe-t-il ?

Merci de m’éclairer. Je fais de la généalogie et dans certains noms de famille je rencontre ce genre de petit problème.

Claude C. (France)

L’Académie répond :

La cédille, en français, sert à garder au c le son « s » devant a, o, u. Au moyen âge, on a parfois utilisé à cette même fin le digramme cz (faczon), mais plus souvent le digramme ce (faceon), qui ne s’est conservé que dans douceâtre.

La cédille a été empruntée à l’espagnol par l’imprimeur Geoffroy Tory, en 1529, dans un traité de calligraphie et de typographie. Son usage ne s’est répandu que lentement.

Il convient de conserver ce signe diacritique au C majuscule tout comme les accents doivent être conservés sur les majuscules.

Jacques-Olivier M. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Ayant trouvé plusieurs orthographes de « de Gaulle », je souhaiterai savoir celle qu’il convient d’employer. Faut-il utiliser une majuscule pour la particule (nom d’origine flamande) et dans quels cas ?

Vous remerciant à l’avance de votre recherche, je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.

Jacques-Olivier M. (France)

L’Académie répond :

La particule française de incluse entre le prénom et le nom conserve la minuscule : François de Chateaubriand, Jeanne d’Arc. Dans les textes courants, cette particule s’écrit toujours avec la minuscule, même si elle devient initiale du nom propre (sauf évidemment en début de phrase : « D’Alembert disait ... ») : une plaidoirie de de Sèze, les Mémoires de d’Artagnan.

Rappelons que, à la différence de ces derniers noms, les noms qui ne sont pas monosyllabiques ou qui ne commencent pas par une voyelle gardent leur particule uniquement si le prénom, le titre, le grade ou la fonction sont indiqués (D’Alembert disait… mais Chateaubriand écrivait… ; une plaidoirie de de Sèze mais une plaidoirie de Malesherbes ; les Mémoires de Saint-Simon, etc.).

(La particule ne prendra la majuscule que lorsqu’il y a risque de confusion avec la préposition grammaticale, par exemple dans l’intitulé de sociétés : les automobiles De Dion-Bouton.)

Par ailleurs le nom de Gaulle est attesté sous cette forme, en diverses régions de France, depuis le XIIIe siècle, et la lignée est continue depuis le XVIe siècle. Il convient donc de respecter cette graphie, telle qu’elle figure d’ailleurs, de la main même du général, au bas de l’appel du 18 juin 1940 : on dira donc un discours de de Gaulle ou, si l’on souhaite éviter la répétition inélégante de de, un discours du général de Gaulle.

Patrick V. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Quelles sont les lettres les plus employées en français ?

Patrick V. (France)

L’Académie répond :

Nous ne disposons pas de ces données.

Les lettres les plus fréquentes en français, par ordre décroissant, sont : E S A R T I N U L O D C.

Selon les bases de données et les laboratoires de recherche, l’ordre annoncé de fréquence peut différer : on trouve ainsi E A I S N R T O U D (université de Toulouse), ou, ailleurs, E S A N T I R ou encore E A I S T N R U L…

Au-delà, les différences de fréquence ne sont plus guère significatives.

Sans doute trouverez-vous plus de détails dans des ouvrages spécialisés de cryptographie, ou destinés aux amateurs de jeux de lettres.

Pierre-Marie A. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Pourquoi doit-on prononcer « épizootie, « t » considéré comme une dentale, alors que l’on prononce « démocratie » avec un « t » sifflant ?

Pierre-Marie A. (France)

L’Académie répond :

Le -tie d’épizootie se prononce parfois si, mais plutôt ti, comme c’est en principe le cas régulièrement pour les mots qui ne viennent pas du latin, régularité qui connaît bien des exceptions (par exemple hématie prononcé si). La prononciation de démocratie peut s’expliquer par le fait que le mot nous est venu par l’anglais (democracy). En matière de prononciation plus encore que de morphologie ou de syntaxe, l’usage (même en un temps donné) est bien loin d’être parfaitement cohérent.

Sylvie G. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Sauf erreur de ma part, le cas du « merci de / merci pour » n’est pas traité dans votre rubrique « Dire, ne pas dire ».

Pourriez-vous nous éclairer sur ce point ?

Dans cet espoir, je vous remercie (et je suis sûre que je ne serai pas la seule).

Sylvie G. (France)

L’Académie répond :

Remercier de est la construction classique du verbe, mais il faut remarquer que remercier pour s’est répandu dans l’usage. L’hésitation entre les deux constructions répond à l’incertitude du statut grammatical du complément, perçu comme un complément d’objet ou comme un complément adverbial marquant la cause. La construction du verbe subit, de plus, l’influence des autres formules de reconnaissance comme « faire, exprimer des remerciements » qui construisent avec pour. Il en va de même pour merci.

Cela étant, le bon usage préfère de avec les noms abstraits (Merci de votre obligeance, de votre générosité) et les infinitifs (Merci de répondre, d’être venu) ; on rencontre surtout pour avec des noms concrets : Merci pour les chocolats.

Florine B. (France)

Le 5 juillet 2018

Courrier des internautes

Je suis jeune étudiante en Français Langue étrangère (master 1 de Didactique des langues). J’ai une question concernant la prononciation du « e » final des adjectifs féminins. Dans le registre courant il demeure muet, mais se prononce-t-il en poésie ?

Florine B. (France)

L’Académie répond :

En poésie classique, le e muet, dit aussi e caduc, se prononce à l’intérieur du vers quand il précède une consonne ou un h muet. Ainsi, si l’on regarde le mot « seule » dans le 2e quatrain de Mon rêve familier de Verlaine :

« Car elle me comprend, et mon cœur, transparent

Pour elle seule, hélas, cesse d’être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant »

On constate que le e final du dernier seule doit se faire entendre, alors que dans les deux premiers, il est muet.

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