Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Hélène A. (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Dans la Bible, quel futur prophète est sauvé des eaux du Nil par la fille de Pharaon ? Je suis gênée par « de Pharaon ». Dans mon dictionnaire, je n’ai trouvé aucun Pharaon en majuscule. J’aurais écrit « la fille du pharaon ».

Qui a raison ?

Merci d’avance pour votre réponse.

Hélène A. (France)

L’Académie répond :

Madame,

La présence ou l’absence de l’article fait que l’on a, ou non, un nom propre. On écrira donc La fille de Pharaon ou la fille du pharaon. Pharaon est fréquemment employé comme nom propre, en particulier dans les invocations.

Mickael G. (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Nous entendons régulièrement dans les médias le verbe « déforester ».

Existe-t-il ? Où est-ce un abus de langage ?

Mickael G. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le verbe déforester est attesté, au moins dans l’immédiat après-guerre. On le trouve dans des ouvrages de sylviculture, mais l’usage préfère déboiser.

Xavier L. (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Pour désigner la littérature de sagesse, et ce qui est lié à la sagesse en général, on utilise l’adjectif sapientiel, mais, peut-être par influence de l’anglais (sapiential), on trouve aussi en français sapiential, notamment au pluriel où il me semble lire « les littératures sapientielles » (plutôt que sapientiales), mais au masculin pluriel « les genres littéraires sapientiaux » (plutôt que sapientiels). Y a-t-il une forme qui, morphologiquement, se déduit du système français plus logiquement que l’autre ? La forme sapiential est-elle à exclure complètement, même au masculin pluriel ?

Merci de votre attention.

Xavier L. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

La forme en usage est sapiential ; il ne s’agit nullement d’un anglicisme ; cet adjectif est attesté en français depuis le xive siècle ; il est emprunté du latin sapientalis. On le trouve surtout dans l’expression Les livres sapientaux ou, par ellipse, les sapientiaux, qui désigne les livres de sagesse de la Bible : Les Proverbes, l’Ecclésiaste ...

André B. (France)

Le 6 février 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Au gré de mes lectures, j’ai trouvé le titre de ministre de la Feuille. Titre d’Ancien Régime que j’ignore.

Merci d’avance.

André B. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le titre complet est ministre de la Feuille des bénéfices ; c’est un religieux, souvent le confesseur du roi, qui l’aide pour la désignation des titulaires de bénéfices ecclésiastiques. On disait aussi Évêque de la feuille. Et aussi, en un sens analogue La feuille des pensions.

Collège Beaumanoir Classe 6E. (France)

Le 6 février 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Nous sommes le collège Beaumanoir de Ploërmel, dans le Morbihan.

La classe de 6E voudrait vous poser deux questions.

Première question : pourquoi la lettre « z » est-elle la dernière de l’alphabet ?

Deuxième question : plus largement depuis quand l’alphabet français suit-il un ordre A,B,C ? Qui a décidé de cet ordre ?

En vous remerciant par avance de vos réponses.

Collège Beaumanoir Classe 6E. (France)

L’Académie répond :

Chers élèves,

Comme bien souvent, en matière de langue, il s’agit d’une question d’héritage. Notre alphabet vient du latin. Dans cette langue Z était la 23e et dernière lettre. Il a été ajouté à la fin de la République pour rendre la lettre Z (dzéta) dans les mots empruntés du grec. Il a d’abord figuré à la 7e place, mais on utilisait plutôt s ou ss pour dzéta, alors on l’a remplacé, à cette place, par g au 3e siècle avant Jésus-Christ.

L’alphabet latin est composé à l’aide de l’alphabet grec. D’ailleurs le mot alphabet vient d’alpha et bêta, le nom des deux premières lettres de cet alphabet.

J’espère avoir répondu à vos questions et vous souhaite beaucoup de bonheur dans vos études.

Leya B. (France)

Le 6 février 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Je suis étudiante et j’ai une question à vous poser.

Est-il juste de dire « paupérisation de la langue française » plutôt que « appauvrissement de la langue française » ?

En attendant votre réponse.

Leya B. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Le mot paupérisation se prête moins qu’appauvrissement à des emplois figurés. On trouve à ce dernier article, dans notre Dictionnaire, l’exemple suivant : L’appauvrissement d’une langue.

Romain D. (France)

Le 6 février 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Je me permets de vous solliciter concernant une expression qui fait débat. Quelle est l’origine de l’expression : prendre son pied ?

Merci de vos lumières.

Romain D. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

L’expression c’est le pied est d’introduction récente en français. Elle a été beaucoup employée à partir de 1968 et dans les années suivantes pour exprimer toutes sortes de satisfactions, sexuelles ou non. Elle provient sans doute de l’expression que vous citez, un peu plus ancienne (années 1930) : prendre son pied. Celle-ci renvoie au sens argotique du mot pied, à savoir part, portion : prendre son pied signifie donc prendre sa part (de plaisir).

Vincent V. (France)

Le 6 février 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Je suis professeur de français et mes élèves m’ont posé une colle lors d’un cours sur l’impératif. Ils m’ont demandé pour quelle raison le « S » était absent de la deuxième personne du singulier des verbes du premier groupe (Mange ta soupe / Range tes affaires).

Vincent V. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

C’est un héritage du latin. Les verbes du 1er groupe français (en -er) sont issus des verbes latins du 1er groupe (en -are). En latin, à la 2e personne, c’est le -s qui permettait de distinguer la 2e personne de l’indicatif singulier (amas, « tu aimes » ; laboras, « tu travailles », de l’impératif ama « aime » ; labora, « travaille »). Nous avons conservé cette distinction.

Béatrice L. (France)

Le 9 janvier 2020

Courrier des internautes

Bonjour, Pourquoi écrit-on j’écris et nous écrivons ? Origine de la lettre v ? Je vous remercie. Agréable journée.

Béatrice L. (France)

L’Académie répond :

La lettre V d’écrivons est liée à l’évolution phonétique.

En latin, écrire se dit scribere. B est une consonne occlusive labiale sonore. Celle-ci pouvait changer selon son environnement.

Dans scribere, elle est entre deux voyelles, qui sont très sonores, et elle se maintient. Dans scriptura, à l’origine de scriptural et d’écriture, b au contact de la dentale sourde t s’est assourdi en p. (Pour écriture, le groupe –pt- a donné –tt- puis t.

Pour écrivons (et aussi écrivain), la lettre b s’est affaiblie et a donné la fricative labiale sonore V.

Gabrielle R. (France)

Le 9 janvier 2020

Courrier des internautes

Pourriez-vous me dire quelles sont les règles concernant les alinéas en début de paragraphe lorsqu’on écrit un texte ? (résumé, article, etc.)

Les alinéas sont-ils obligatoires ? si oui, dans quel cas ? Facultatifs ?

Gabrielle R. (France)

L’Académie répond :

En bonne typographie, on doit mettre un alinéa au début de chaque paragraphe ; mais il s’agit d’une règle de composition et non d’une règle d’orthographe.

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