Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

M. R. (France)

Le 01 décembre 2016

Courrier des internautes

Quand on donne l’heure officielle, par exemple « 00:10 », est-ce qu’il faut dire « il est zéro heure dix » ou « vingt-quatre heures dix ». Je voudrais savoir quelle est la forme à proscrire ou si les deux sont possibles.

M. R. (France)

L’Académie répond :

On dit zéro heure dix, puisque, à partir de 24 heures, le jour est fini et l’on recommence simultanément à 0.

On dit Le bébé né mardi à zéro heure dix (0h 10) – ou, mieux, minuit dix – et non lundi à vingt-quatre heures dix.

Nicolas E. (France)

Le 01 décembre 2016

Courrier des internautes

Je n’ai pas trouvé dans vos rubriques d’article sur la manière d’orthographier « bienvenue » lorsque l’on accueille des gens : faut-il écrire « Bienvenus chez moi ! » lorsqu’il s’agit d’un groupe d’hommes par exemple, ou « Bienvenue chez moi » ? En d’autres termes, lorsque l’on utilise cette expression, s’agit-il de l’adjectif ou du substantif ?

Nicolas E. (France)

L’Académie répond :

Le terme bienvenue est une forme substantivée du participe passé du verbe vieilli bienvenir et il est féminin. On écrira donc Bienvenue à vous ! (c’est-à-dire : nous vous souhaitons la bienvenue). En revanche, si le participe passé bienvenu est employé adjectivement, il s’accordera : un visiteur bienvenu, soyez les bienvenus ; des récompenses bienvenues, etc.

Stéphanie A. (Belgique)

Le 01 décembre 2016

Courrier des internautes

Je suis professeur de français langue étrangère et j’ai une question à vous poser suite à une remarque d’une élève qui se plaint que la liste des 15 verbes qui se conjuguent avec l’auxiliaire être aux temps composés est toujours incomplète dans les manuels et les précis de grammaire de français, oubliant notamment les verbes paraître et apparaître (pour lesquels la question du choix de l’auxiliaire semble d’ailleurs floue et non tranchée entre l’usage et la théorie de l’Académie). Je souhaiterais donc savoir quelle est la classification complète des verbes qui se conjuguent avec l’auxiliaire être car nous-mêmes enseignants sommes parfois bien en peine de trouver une réponse claire à cette question d’importance pour l’apprentissage du français, aventure parfois semée de drôles d’embûches pour nos amis étrangers.

Merci d’avance pour vos éclaircissements fort utiles sur cette question de codification de la langue.

Stéphanie A. (Belgique)

L’Académie répond :

Il existe effectivement un certain nombre de verbes, intransitifs ou pris intransitivement, qui se conjuguent avec avoir quand ils expriment l’action elle-même et avec être quand ils expriment l’état résultant de cette action. Dans de nombreux cas, la nuance est peu nette, et cette distinction est plus théorique que pratique.

On constate que pour ces verbes l’usage a aujourd’hui très nettement choisi les formes avec être.

Dites à vos élèves d’utiliser être dans ce cas, mais qu’il est possible de trouver des textes où l’on rencontre avoir : l’hiver est passé vite ou l’hiver a passé vite ; ce livre est paru l’an dernier ou ce livre a paru chez tel éditeur.

Thomas K. (France)

Le 01 décembre 2016

Courrier des internautes

Je vous sollicite pour connaître votre position sur l’origine de l’expression « Mariage plus vieux, mariage heureux » par rapport à sa variante « pluvieux », ce  qui m’amène à vous interroger.

Thomas K. (France)

L’Académie répond :

Symboliquement, la pluie connote la fertilité, l’abondance, les influences positives du ciel sur la terre. C’est ainsi que s’il pleut le jour de la célébration d’une noce, on considère que c’est un signe heureux pour le couple nouvellement formé. On dit donc mariage pluvieux, mariage heureux, mais encore s’il pleut le jour du mariage, les écus entreront dans le ménage. La forme mariage plus vieux, mariage heureux, au-delà du jeu de mots qu’elle crée avec l’expression populaire, n’est, elle, jamais employée.

Cyprien S. (France)

Le 03 novembre 2016

Courrier des internautes

Fait-on la liaison avec franc ?

En cherchant pour Donc, je suis tombé sur Onc. Ce dernier fonctionne-t-il comme Donc en ce qui concerne la prononciation ?

Cyprien S. (France)

L’Académie répond :

Quand franc désigne une monnaie, il ne se lie pas.

Autrefois, l’adjectif franc (franche) se liait au singulier et au pluriel. Aujourd’hui, il ne se lie au singulier, que dans les cas suivants : franc (K)alleu, franc (K)archer, à franc (K)étrier.

Quand onc précédait une voyelle, on employait la forme on(c)ques.

Diane G. (Canada)

Le 03 novembre 2016

Courrier des internautes

On dit ce matin, à midi et ce soir. Peut-on dire à soir ?

Diane G. (Canada)

L’Académie répond :

On ne peut pas dire « à soir ». On dit « à midi », comme « à minuit », car midi représente un moment précis. On dirait de même « à 12 heures ». L’extension temporelle du matin et celle du soir interdisent l’emploi, dans ce cas, de la préposition à.

On peut aussi dire « ce midi », formule familière que l’on essaiera d’éviter dans une langue soignée, quand midi n’est plus perçu comme un moment précis, mais comme le temps, aux contours indécis, situé autour de ce moment.

Simon R. (France)

Le 03 novembre 2016

Courrier des internautes

À la suite d’un débat houleux nous n’arrivons pas à déterminer si le verbe procrastiner existe. Pouvez-vous nous aider ?

Simon R. (France)

L’Académie répond :

Il y a longtemps que procrastiner et, plus courant, procrastination sont bien attestés en français. Procrastinateur est très rare. Procrastination, attesté en 1520, reste rare jusqu’au xixe siècle, mais figure dans la huitième édition (1935) et dans la neuvième (en cours de finition) du Dictionnaire de l’Académie française, consultables sur notre site. Cette série vient directement du latin, non de l’anglais.

Slim B. (France)

Le 03 novembre 2016

Courrier des internautes

J’ai un grand débat avec des amis, et impossible de trouver une réponse claire sur internet : dit-on « poindre le bout de son nez » ou « pointer le bout de son nez » ?

Slim B. (France)

L’Académie répond :

La locution familière est pointer le bout de son nez. Il est vrai que dans certains emplois pointer a un sens très proche du verbe poindre (« apparaître, devenir visible ») et on remarque que pointer a tendance à remplacer poindre qui est devenu défectif. Je vous invite à lire la définition de ces deux verbes dans notre Dictionnaire (qui est en libre accès sur notre site).

TH. (France)

Le 03 novembre 2016

Courrier des internautes

Lors d’une discussion avec un collègue anglophone, il m’a demandé pourquoi il n’y avait pas de mot pour dire « pas cher » en français.

Je n’ai trouvé que « bon marché » pour exprimer cette idée, mais il y a-t-il un mot pour exprimer l’idée de « pas cher » ?

TH. (France)

L’Académie répond :

Il n’existe pas un mot pour le dire : « bon marché » est en effet la locution courante pour l’exprimer. Dans la langue française mais aussi dans bien d’autres langues, la coïncidence exacte entre une chose et un mot, un concept et un mot n’est pas vraie. On use d’expressions, de locutions, de périphrases.

On peut dire aussi : peu onéreux, à bas prix, à portée de bourse, abordable, accessible, etc.

Emmanuel S. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Je travaille à l’Ecole expérimentale de Bonneuil et je participe à un atelier d’écriture. Dans le texte que nous avons lu, l’expression « Bête à Bon Dieu » désigne la coccinelle. D’où cela vient-il, quelle est l’histoire de cette expression pour une si petite bête ? Merci beaucoup de l’attention que vous nous accordez. Dans l’attente de votre réponse.

Emmanuel S. (France)

L’Académie répond :

Voici une hypothèse proposée par Direct Matin en juin 2016 :

Ce surnom de « bête à bon Dieu » est tiré d’une légende remontant au Xe siècle.

Condamné à mort pour un meurtre commis à Paris, un homme qui clamait son innocence a dû son salut à la présence du petit insecte. En effet, le jour de son exécution publique, le condamné devait avoir la tête tranchée. Mais une coccinelle se posa sur son cou. Le bourreau tenta de l’enlever, mais le coléoptère revint à plusieurs reprises se placer au même endroit. Le roi Robert II y vit une intervention divine et décida de gracier l’homme.

Quelques jours plus tard, le vrai meurtrier fut retrouvé. Cette histoire s’est vite répandue et la coccinelle fut dès lors considérée comme un porte-bonheur qu’il ne fallait pas écraser.

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