Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Patrick C. (France)

Le 2 avril 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Je voudrais connaître votre avis sur l’utilisation d’« obliger de » et « obliger à » : quelle est la forme correcte, s’il vous plaît ?

Patrick C. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Les deux formes que vous proposez sont correctes : on oblige quelqu’un à faire quelque chose mais la construction « obliger de » a bien existé, même si elle est considérée aujourd’hui comme vieillie (son impertinence m’a obligé de le chasser).

Au passif, la construction « être obligé à » est, elle aussi, vieillie mais elle s’est rencontrée (« […] se croyait obligé à lui répondre », écrit Stendhal). En un mot, être obligé à ne serait pas fautif mais est tout à fait sorti d’usage.

Pherton C. (Haïti)

Le 2 avril 2020

Courrier des internautes

Bonjour, Pourquoi « Monsieur » se prononce « mə.sjø » et non « mɔ̃.sjø » ?

Merci.

Pherton C. (Haïti)

L’Académie répond :

Monsieur,

La prononciation actuelle de Monsieur tient au fait que ce mot s’emploie le plus souvent comme interjection ou comme proclitique (c’est-à-dire comme mot, qui, s’appuyant sur le mot suivant, avec lequel il forme une unité phonétique, est dépourvu d’accent tonique). Ainsi, le r final n’est pas prononcé parce que, en l’absence d’accent tonique, on a conservé l’ancienne prononciation des mots en -eur : laboureu(x) pour laboureur, piqueux pour piqueur, tandis que le r se fait entendre dans sieur, accentué : le sieur Untel.

L’absence d’accentuation explique également l’affaiblissement de mon- en mo- ou en meu. Littré indiquait encore comme prononciation mo- et « ou souvent aussi » meu-.

Roger B. (France)

Le 2 avril 2020

Courrier des internautes

Les expressions : deux fois autant, trois fois autant, pour deux fois plus, trois fois plus peuvent-t-elles être utilisées pour exprimer le double, le triple ? Même remarque pour deux cents pour cent, trois cents pour cent. Elles peuvent entraîner une confusion surtout pour les élèves les plus jeunes.

Roger B. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Votre remarque est tout à fait judicieuse, et vous notez fort bien que l’usage s’oppose à la logique.

Certes, cela peut être irritant, mais c’est à l’usage qu’il faut se plier : trois fois plus, c’est (comme trois fois autant !) « trois fois, le triple » ; trois fois moins, c’est « le tiers ».

Alain S-H (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Je me posais une question étymologique. Le mot livre vient du latin liber, de même que le mot « librairie ». Je me demandais alors pourquoi le mot « livre » avait pris un « v » à la place du « b » et pas « librairie » ?

Je vous remercie de votre réponse.

Alain S-H (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Cette différence vient du fait que livre est issu, au xie siècle, du latin, par la langue populaire, et en passant du latin au français, il s’est transformé, alors que librairie, emprunté, au xive siècle, du latin libraria, est resté beaucoup plus près de la forme latine. En passant du latin au français la consonne occlusive labiale b s’est affaiblie en fricative labiale V. On a d’ailleurs un phénomène parallèle avec le groupe fièvre et fébrile : le premier est issu du latin febris (et là aussi b passe à v) alors que fébrile, dans lequel le b s’est conservé, est emprunté de febrilis, « de fièvre ».

Edouardo G. (Séville)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonsoir,

La professeure m’a signalé qu’on ne commence jamais une phrase en français avec « parce que » :

Je ne trouve pas une explication pour cette maudite erreur. Pouvez-vous me la donner, s’il vous plaît ? Merci beaucoup.

Edouardo G. (Séville)

L’Académie répond :

Monsieur,

Les propositions introduites par parce que sont des circonstancielles et, dans la plupart des cas, elles sont mobiles.

On peut dire Il n’a pas pu venir parce qu’il était malade, mais aussi Parce qu’il était malade, il n’a pas pu venir. C’est car qui ne peut être en début de phrase.

Edouardo G. (Séville)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonsoir,

La professeure m’a signalé qu’on ne commence jamais une phrase en français avec « parce que » :

Je ne trouve pas une explication pour cette maudite erreur. Pouvez-vous me la donner, s’il vous plaît ? Merci beaucoup.

Edouardo G. (Séville)

L’Académie répond :

Monsieur,

Les propositions introduites par parce que sont des circonstancielles et, dans la plupart des cas, elles sont mobiles.

On peut dire Il n’a pas pu venir parce qu’il était malade, mais aussi Parce qu’il était malade, il n’a pas pu venir. C’est car qui ne peut être en début de phrase.

Hélène A. (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Dans la Bible, quel futur prophète est sauvé des eaux du Nil par la fille de Pharaon ? Je suis gênée par « de Pharaon ». Dans mon dictionnaire, je n’ai trouvé aucun Pharaon en majuscule. J’aurais écrit « la fille du pharaon ».

Qui a raison ?

Merci d’avance pour votre réponse.

Hélène A. (France)

L’Académie répond :

Madame,

La présence ou l’absence de l’article fait que l’on a, ou non, un nom propre. On écrira donc La fille de Pharaon ou la fille du pharaon. Pharaon est fréquemment employé comme nom propre, en particulier dans les invocations.

Mickael G. (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Nous entendons régulièrement dans les médias le verbe « déforester ».

Existe-t-il ? Où est-ce un abus de langage ?

Mickael G. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le verbe déforester est attesté, au moins dans l’immédiat après-guerre. On le trouve dans des ouvrages de sylviculture, mais l’usage préfère déboiser.

Xavier L. (France)

Le 5 mars 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Pour désigner la littérature de sagesse, et ce qui est lié à la sagesse en général, on utilise l’adjectif sapientiel, mais, peut-être par influence de l’anglais (sapiential), on trouve aussi en français sapiential, notamment au pluriel où il me semble lire « les littératures sapientielles » (plutôt que sapientiales), mais au masculin pluriel « les genres littéraires sapientiaux » (plutôt que sapientiels). Y a-t-il une forme qui, morphologiquement, se déduit du système français plus logiquement que l’autre ? La forme sapiential est-elle à exclure complètement, même au masculin pluriel ?

Merci de votre attention.

Xavier L. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

La forme en usage est sapiential ; il ne s’agit nullement d’un anglicisme ; cet adjectif est attesté en français depuis le xive siècle ; il est emprunté du latin sapientalis. On le trouve surtout dans l’expression Les livres sapientaux ou, par ellipse, les sapientiaux, qui désigne les livres de sagesse de la Bible : Les Proverbes, l’Ecclésiaste ...

André B. (France)

Le 6 février 2020

Courrier des internautes

Bonjour,

Au gré de mes lectures, j’ai trouvé le titre de ministre de la Feuille. Titre d’Ancien Régime que j’ignore.

Merci d’avance.

André B. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le titre complet est ministre de la Feuille des bénéfices ; c’est un religieux, souvent le confesseur du roi, qui l’aide pour la désignation des titulaires de bénéfices ecclésiastiques. On disait aussi Évêque de la feuille. Et aussi, en un sens analogue La feuille des pensions.

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