Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Catherine P. (France)

Le 06 avril 2017

Courrier des internautes

Je souhaite connaitre l’expression exacte à utiliser : je vous remercie de « la confiance que ou dont vous m’avez témoigné » et si témoigné s’accorde avec le nom confiance ou la personne qui écrit.

Catherine P. (France)

L’Académie répond :

Le verbe témoigner peut se construire avec un complément d’objet direct (témoigner son amitié) ou avec un complément d’objet indirect (ses toiles témoignent de son grand talent).

Dans le premier cas, témoigner signifie « manifester, exprimer », dans le second cas, témoigner de signifie « être la preuve, le signe de ».

On pourra donc écrire, en faisant l’accord avec le complément antéposé que, qui reprend le nom féminin confiance : « Je vous remercie de la confiance que vous m’avez témoignée », ou bien, sans faire l’accord puisque l’on a un complément d’objet indirect : « Je vous remercie de la confiance dont vous avez témoigné envers moi ».

Didier P. (France)

Le 06 avril 2017

Courrier des internautes

Lorsque je cherche à remplacer « à la toute fin » par « tout à la fin » (indication que j’ai trouvée dans la Banque de dépannage linguistique), un interlocuteur sur la Toile me rétorque que cette source est québécoise et ne représente pas la norme. Qu’en est-il ?

Didier P. (France)

L’Académie répond :

On peut parfaitement employer tout à la fin (comme tout au début et au tout début). La locution adverbiale à la fin est en effet susceptible d’être modifiée par un adverbe : juste à la fin, presque à la fin, tout à la fin.

On lit chez Sainte-Beuve : « D’Aubigné, tout à la fin de sa vie, publia des psaumes en vers métriques... »

Et, pour autant que je sache, Sainte-Beuve (1804 - 1869) n’a jamais été soupçonné d’abuser des québécismes.

Emmanuel J. P. (France)

Le 06 avril 2017

Courrier des internautes

Nous avons commencé à lire le roman de G. ORWELL « La Ferme des animaux ». Un cheval est nommé Malabar. D’où vient l’expression « Fort comme un malabar » ?

Emmanuel J. P. (France)

L’Académie répond :

Les Malabars (on trouve aussi la forme Malabares) sont un peuple vivant sur la côte de Malabar, dans l’Hindoustan. Les Européens qui venaient commercer sur ces côtes rencontraient essentiellement les dockers qui chargeaient et déchargeaient les navires, un travail qui demande une grande force physique. C’est pour cette raison que les Malabars, remarquables par leur stature et leur vigueur, sont devenus des exemples d’hommes forts.

Hicham E. (Maroc)

Le 06 avril 2017

Courrier des internautes

Je voudrais savoir si on peut faire la liaison dans cette expression : les points sur les i.

Hicham E. (Maroc)

L’Académie répond :

Aujourd’hui, les lettres se prononcent comme si elles commençaient par un h aspiré. On dit le i, le s les /i, les/ s.

Il est donc préférable de ne pas faire la liaison ; cela étant, quand a été créée cette expression, les lettres se prononçaient comme si elles commençaient par un h muet. On disait l’i, l’s, les zi, les zs.

Dire les points sur les zi ne serait donc pas fautif, même si la prononciation moderne est préférable.

Jérôme L. (France)

Le 06 avril 2017

Courrier des internautes

La formulation « avoir confiance dans l’avenir » est-elle correcte ? Il me semble que la forme est « avoir confiance en l’avenir ». Or, je vois de plus en plus la première formulation. D’avance merci. Jérôme

Jérôme L. (France)

L’Académie répond :

On dit plutôt avoir confiance en quelqu’un, avoir confiance en soi, avoir confiance en Dieu mais confiance dans suivi d’un nom de personne n’est pas impossible (j’ai confiance dans mes amis).

Pour les autres cas, avec un complément inanimé, on trouve les deux cas : avoir confiance dans les heureux effets de la liberté, dans la prospérité à venir / avoir confiance en un remède, en une doctrine politique, etc. On emploiera plutôt dans devant l’article défini.

Benoît A. (France)

Le 02 mars 2017

Courrier des internautes

J’ai une question sur l’emploi du conditionnel.

J’ai appris à l’école qu’on l’utilise de la manière suivante : si j’avais ..., alors je serais... (par exemple : si j’avais beaucoup d’argent, alors je serais riche). Donc on utilise l’imparfait après le mot si et le conditionnel ensuite. J’ai appris qu’il ne faut pas utiliser deux fois le conditionnel dans cette structure (ne pas utiliser : si j’aurais beaucoup d’argent, alors je serais riche).

Certains de mes amis me soutiennent que la structure suivante est juste (alors que je pense qu’elle est fausse) : j’aurais beaucoup d’argent, je serais riche. Ils pensent qu’en enlevant le mot si, il est possible d’utiliser deux fois le conditionnel. Alors que je pense que l’on n’a pas le droit d’enlever le mot si.

A-t-on le droit d’enlever le mot si et si c’est le cas, est ce que la troisième structure de phrase est correcte ?

Benoît A. (France)

L’Académie répond :

Les deux tournures sont correctes. Pour exprimer une condition (une hypothèse), on peut, au lieu de si et un indicatif imparfait subordonnés à un conditionnel, recourir à deux propositions indépendantes au conditionnel (réunies ou non par que, facultatif). Dans celle qui exprime la condition, on a le choix entre la construction directe et l’inversion simple du pronom personnel ou de on : Il mentirait que je n’en serais pas étonné ou Mentirait-il que je n’en serais pas étonné. Ou : Il mentirait (ou Mentirait-il), je n’en serais pas étonné. Elle ne pourrait, le voudrait-elle, se souvenir de cela. Ici l’inversion est obligatoire, parce que la condition est exprimée en second lieu, en incise.

Si le sujet est un nom, on ne fait pas l’inversion (Le livre aurait été moins cher, je l’aurais acheté), mais celle-ci est obligatoire avec un pronom personnel qui reprend le nom (Le livre aurait-il été moins cher...).

Huguette P. (Canada)

Le 02 mars 2017

Courrier des internautes

Peut-on utiliser le mot « culturème » comme dans : Traduire le culturème.

Huguette P. (Canada)

L’Académie répond :

Le Grand Dictionnaire terminologique, disponible en ligne sur le site de l’Office québécois de la langue française, consacre une fiche au terme culturème défini comme suit : « élément constituant d’une culture ».

Vous pouvez donc l’utiliser, en prenant bien garde de l’employer dans une langue de spécialité (et non dans la langue courante où il risquerait de ne pas être compris.)

Julien C. (France)

Le 02 mars 2017

Courrier des internautes

Je m’interroge sur l’emploi de l’expression suivante : « Je vous accuse réception de votre lettre ».

Cette phrase, avec l’emploi de « vous », est-elle correcte ?

Julien C. (France)

L’Académie répond :

Effectivement, le vous n’est nullement nécessaire dans cette formule épistolaire et constitue ce que les grammairiens nomment l’expression du « datif éthique », un renforcement stylistique du pronom personnel qui est facultatif (comme dans : « je me la bois, cette bière. »).

« J’accuse réception de votre lettre » est tout à fait correct. Le renforcement avec vous n’est pas une faute et se rencontre chez les meilleurs auteurs (dans la correspondance de Victor Hugo, par exemple).

Julien G. (France)

Le 02 mars 2017

Courrier des internautes

La formule « Au plaisir de (+ infinitif) », utilisée en guise de formule politesse à la fin d’un courrier, est-elle à considérer comme familière ?

Je n’arrive pas à en retrouver l’origine.

Julien G. (France)

L’Académie répond :

Je ne trouve pas trace de cette locution dans la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française. Mais elle figure dans le TLF, où elle n’est pas notée comme familière ; une remarque signale cependant que cette formule, surtout quand il y a ellipse de l’infinitif, est considérée comme « petite-bourgeoise ou populaire, en tout cas peu distinguée ».

Le Bon Usage de Grevisse signale seulement que « la réduction à Au plaisir ! est souvent taxée de populaire.

Rien ne vous interdit d’employer cette tournure avec infinitif dans une correspondance privée entre proches.

Évitez-la dans des cadres professionnels ou mondains, lorsque vous ignorez la position de votre correspondant sur ce sujet.

Kasper S. (France)

Le 02 mars 2017

Courrier des internautes

J’aimerais savoir s’il est correct de prononcer « scht » les lettres « st » dans les noms :

Ex : « Einschtein » ou lieu de Einstein ou « Schtrauss » au lieu de Strauss.

Kasper S. (France)

L’Académie répond :

Plus les noms sont récents, plus la prononciation est proche de ce qu’elle est dans la langue d’origine. On dit toujours Einchtein.

Quant aux noms plus anciens, qui ont été plus souvent simplement lus et non entendus, on les prononce à la française, et l’on dit Strauss.

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