Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Frédérique M. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Je souhaiterais savoir si les expressions entendues à la radio sont correctes : « notre pays préfère s’hystériser » et « je trouve ça interrogeant ».

Frédérique M. (France)

L’Académie répond :

Le verbe hystériser, très rare, se rencontre chez les Goncourt et on trouve s’hystériser chez Huysmans, mais il serait préférable d’employer devenir hystérique.

Je trouve ça interrogeant, de très mauvaise langue, sera traité dans une prochaine rubrique de Dire, ne pas dire.

Dire, ne pas dire paraît le premier jeudi de chaque mois sur notre site et les articles ainsi publiés ont fait la matière de trois recueils, également intitulés Dire, ne pas dire et édités chez Philippe Rey.

Julien P. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Je suis élève à l’École expérimentale de Bonneuil et je participe à l’atelier d’écriture. Nous avons découvert l’expression « boîte de pandore ».

Qu’y -a-t-il dans la boite de pandore ? D’où vient ce nom ? merci de votre réponse.

Julien P. (France)

L’Académie répond :

Pandore est une femme créée à l’aide d’argile par Héphaïstos, et ce, à la demande de Zeus qui voulait punir les hommes. Athéna lui insuffla la vie, et les autres dieux la dotèrent de tous les charmes (d’où son nom grec Pandôra, « qui a tous les dons ») – d’autres expliquent son nom en disant qu’il signifie « qui donne toute sorte de présents ».

Hermès lui apprit la flatterie et la fourberie. Le Titan Épiméthée l’accueillit. Pandore apportait avec elle une jarre pleine de maux et de maladies. Elle l’ouvrit et les hommes souffrirent alors des malheurs inconnus jusque-là. Seul Espoir resta à l’intérieur, en guise de consolation pour les hommes. La boîte de Pandore (avec une majuscule à Pandore) désigne aujourd’hui une source de malheurs, de problèmes.

Mary-Laure B. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Doit-on dire : « entériner que le fait que nous faisons partie » ou « que nous fassions partie » ?

Mary-Laure B. (France)

L’Académie répond :

J’imagine que votre phrase ne contient qu’une fois le mot que : « entériner le fait que nous faisons/fassions partie… ».

Dans ce genre de formulations, le subjonctif ou l’indicatif sont l’un et l’autre corrects et leur emploi dépend de la façon dont le locuteur envisage l’action exprimée par le verbe : le subjonctif introduit plutôt une notion de doute ou d’incertitude quant au fait évoqué, l’indicatif en revanche considère le fait comme certain.

Pierre-Alban Ch. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Comment s’adresser à un académicien ?

Pierre-Alban Ch. (France)

L’Académie répond :

Pour s’adresser à un académicien, il convient d’user du titre qui lui revient dans la vie civile. Par exemple, on s’adressera à un ministre, ou ancien ministre, par la formule « Monsieur le Ministre », à un professeur par « Monsieur le Professeur », à un ecclésiastique par son titre (« Mon Père », « Mon Révérend Père », « Monsieur le Cardinal », etc.). Pour s’adresser au Secrétaire perpétuel de l’Académie, on utilisera la formule « Monsieur ou Madame le Secrétaire perpétuel ». Si aucun titre particulier n’est attaché à la personne de l’académicien, on dira simplement « Monsieur » ou « Madame ». La formule d’adresse « Maître » peut être employée mais elle reste peu fréquente. En revanche, on ne dira jamais « Monsieur l’académicien ».

Sur l’enveloppe d’une lettre, on écrira également le titre de l’académicien ou « Monsieur X, de l’Académie… ».

Simon R. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Après une discussion avec ma grand-mère, cette dernière m’a dit que l’on ne disait jamais « à l’avance » mais « en avance ». Cependant, j’entends cette première tournure très souvent. Est-ce correct ?

Simon R. (France)

L’Académie répond :

Vous avez une grand-mère bien sévère en ce qui concerne la langue. À l’avance se trouve plus de 30 fois dans le Dictionnaire de l’Académie française. Au sens de « par anticipation » à l’avance, autrefois critiqué, est aujourd’hui employé comme synonyme de par avance et d’avance.

La locution en avance s’emploie dans un sens légèrement différent, pour parler d’une action qui a eu lieu avant le moment fixé ou prévu. Je sais à l’avance / par avance ce qu’il va dire. Il est arrivé en avance à son rendez-vous.

Thomas H. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

J’aimerais beaucoup apprendre si l’on écrit : « Arrête ton char » ou bien « Arrête ton charre ».

Voir lever cette ambigüité sur votre site serait un réel soulagement !

Thomas H. (France)

L’Académie répond :

On disait autrefois Arrête ton charre, charre étant un déverbal de charrier, au sens de « plaisanter, railler ».

Mais ce nom argotique a été remplacé dans l’usage par Arrête ton char, surtout depuis 1959 et la sortie du film de William Wyler, Ben-Hur, dont une des scènes principales est une célèbre course de chars.

George S. (Royaume-Uni)

Le 01 septembre 2016

Courrier des internautes

Quelles sont les bonnes orthographes pour les mots concernant le réseau social Twitter ? Utiliserait-on tout simplement les anglo-saxonismes « un tweet », « un tweeteur », « tweeter », etc., ou les orthographes gallicisées que l’on voit parfois – « je touite », « un touiteur », etc. – représenteraient-elles un français plus correct ?

George S. (Royaume-Uni)

L’Académie répond :

Twitter est le nom d’un système de communication développé par l’entreprise du même nom. Si ce terme et  ceux qui en dérivent sont, peut-être, en train de passer dans la langue courante, il est d’usage de proposer un générique neutre, pouvant décrire tous les outils de ce type. Ainsi, le Dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française propose « micromessage » pour un twitt (on trouve ainsi la graphie tweet) ; pour le verbe il donne « microbloguer », ce qui amène assez facilement vers le mot « microblogueur ». La commission d’enrichissement de la langue française a également publié les fiches « blogue », « microblogue » et « microblogage », disponibles sur le site France Terme (www.culture.fr/franceterme ).

Isabelle P. (France)

Le 01 septembre 2016

Courrier des internautes

Faut-il utiliser l’expression « un tant soit peu » ou « un tantinet soit peu » ?

Je trouve que l’utilisation du terme « un tantinet » est redondante dans cette expression, mais je n’en suis pas sûre.

Isabelle P. (France)

L’Académie répond :

Vous avez raison, un tantinet s’emploie absolument et n’a pas besoin de renforcement car cette locution adverbiale, qui appartient à une langue familière, signifie déjà « un petit peu ». Elle est synonyme de un tant soit peu.

Jacqueline F. (France)

Le 01 septembre 2016

Courrier des internautes

On écrit : « elle s’est sentie visée par des remarques » mais il semble qu’on ait le droit à « elle s’est senti (ou vu) – sans accord – critiquer par ses pairs », je n’arrive pas à m’expliquer cette différence de suite aux verbes se voir, se sentir ; pour moi critiquer c’est actif et visé c’est passif. S’il y a une nuance elle m’échappe.

Jacqueline F. (France)

L’Académie répond :

On peut avoir l’infinitif ou le participe passé.

Si la phrase a un sens passif et si le pronom se représente la même personne que le complément d’objet direct du verbe qui suit voir, on utilise le participe passé. Elle s’est vue confiée à une famille d’accueil (dans ce cas on pourrait ajouter l’infinitif être devant le verbe au participe passé). On dira de même, elle s’est vue perdue, morte, gagnante.

Si le complément d’objet direct du verbe qui suit voir ne représente pas la même personne que le pronom se, on utilise l’infinitif, mais deux cas peuvent se présenter.

Si le pronom se représente la même personne que le sujet du verbe qui suit voir, vu s’accorde avec celui-ci. Elle s’est vue confier cette mission (elle a confié cette mission à quelqu’un). Si le pronom se n’est pas le sujet du verbe qui suit voir, il n’y a pas d’accord. Elle s’est vu confier cette mission (quelqu’un lui a confié cette mission).

Orlane G. (France)

Le 01 septembre 2016

Courrier des internautes

J’ai une question qui fait débat à la maison, et dont je ne trouve pas la réponse.

On utilise souvent l’expression « il a placé la barre haut ». Et parfois, on contracte la formule en supprimant le « placé ».

Pour moi la phrase est donc « la barre est haut », dans la mesure où on ne parle pas de la hauteur de la barre en elle-même, mais de l’endroit où elle est.

Pour mon conjoint, ma phrase est incorrecte, et on devrait dire « la barre est haute ». Pouvez-vous éclairer ma lanterne et me dire quelle phrase est correcte et pourquoi ? 

Orlane G. (France)

L’Académie répond :

On écrit La barre est trop haute et La marche est trop haute, car dans ces cas haut est adjectif. On dit en revanche Placer la barre un peu haut, Une barre (qui est) placée haut, car dans ces cas haut est adverbe.

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