Dire, ne pas dire

Néologismes & anglicismes

Confusant

Le 29 août 2013

Néologismes & anglicismes

L’anglais confused a les mêmes sens que l’adjectif français confus, que l’on parle d’une personne ou d’une chose, et cela n’est guère étonnant puisque la forme anglaise est empruntée du français. Mais de l’adjectif confused, l’anglais a tiré le verbe to confuse, que l’on pourrait traduire par « confondre » ou, dans d’autres contextes, par « troubler, brouiller », ou encore par « perturber ». Du verbe to confuse a été tiré l’adjectif verbal confusing, malheureusement traduit par un calque maladroit de l’anglais : le néologisme Confusant. Ce terme est à proscrire car il n’existe pas en français de verbe confuser, et l’on doit lui préférer des termes depuis longtemps validés par l’usage comme troublant, perturbant, déconcertant, etc.

 

On dit

On ne dit pas

Son attitude est troublante

Ces propos contradictoires nous embrouillent

Son attitude est confusante

Ces propos contradictoires sont confusants

 

Outdoor, indoor

Le 29 août 2013

Néologismes & anglicismes

Le monde des sports est friand d’anglicismes. Quelques-uns sont parfaitement intégrés à notre langue, en particulier ceux qui désignent les sports eux-mêmes : boxe, football, basket-ball, water-polo. Il en existe aussi un grand nombre pour lesquels le français a des équivalents couramment employés, et qui sont donc parfaitement inutiles. C’est le cas des adjectifs outdoor et surtout indoor, employés trop fréquemment, en particulier en athlétisme, pour désigner des compétitions en plein air ou des compétitions en salle.

 

On dit

On ne dit pas

Une compétition en plein air

Les championnats de France en salle

Une compétition outdoor

Les championnats de France indoor

 

Bashing

Le 08 juillet 2013

Néologismes & anglicismes

Le nom Bashing, attesté depuis la première moitié du xviiie siècle en anglais, connaît un engouement récent en français, notamment dans les médias qui n’ont de cesse d’évoquer le « bashing » de telle ou telle personnalité, de telle ou telle chose. Notons également que l’antéposition du complément (Hollande bashing, body bashing) est une construction qui ne correspond pas au génie de notre langue. En anglais, le nom bashing signifie « volée de coups », puis « insulte, attaque verbale », et est dérivé du verbe to bash, « frapper, cogner ; houspiller ». Le français a à sa disposition de nombreux termes équivalents comme attaque, éreintage, dénigrement, lynchage, persiflage ou, dans une langue plus familière, démolissage et bien d’autres encore.

On peut aussi songer à Acharnement, qui appartient d’abord au vocabulaire de la vènerie et dont le premier sens est « action de donner le goût du sang », et qui, dans le dressage des chiens, précédait l’attaque en meute. Ce terme paraît convenir parfaitement pour désigner un ensemble d’attaques venant de toutes parts sans discernement.

 

On dit

On ne dit pas

Dénigrement de son corps

L’éreintement d’Untel, l’acharnement contre Untel

Body bashing

Untel bashing

Timing

Le 08 juillet 2013

Néologismes & anglicismes

Cet anglicisme s’est d’abord rencontré dans le vocabulaire du sport pour désigner l’occasion qu’avait un boxeur de frapper son adversaire et l’enchaînement qui amenait cette ouverture. Timing est aujourd’hui employé en français de façon plus vague et semble être devenu un substitut passe-partout dès lors que l’on évoque des notions temporelles. Préférons-lui des termes précis.

On dit

On ne dit pas

Être en avance sur l’horaire, sur ses prévisions

Trouver le bon rythme, trouver le bon moment

Être en avance sur son timing
 

Trouver le bon timing

 

Easy listening, easy reading

Le 06 juin 2013

Néologismes & anglicismes

Ces anglicismes désignent, l’un, un type de musique dont l’écoute ne demande aucune attention particulière ; l’autre, créé par analogie, désigne un type de littérature facile et médiocre. Le français a des termes propres et des expressions imagées pour les évoquer l’un et l’autre. Pourquoi ne pas en faire usage ?

 

On dit

On ne dit pas

De la musique facile, de la musique d’ascenseur, de supermarché

Lire des romans, de la littérature de gare

De l’easy listening


Lire de l’easy reading

 

Speeder (se) / speed

Le 06 juin 2013

Néologismes & anglicismes

L’anglicisme Speeder, emprunté de to speed, « se dépêcher », est aujourd’hui très répandu. Mais le français a de très nombreux autres verbes ou locutions verbales à sa disposition, appartenant à tous les registres de langue, comme se presser, s’empresser, faire diligence, grouiller ou foncer. Hâtons-nous de les employer. De la même manière évitons absolument de faire du nom anglais speed un adjectif français.

 

On dit

On ne dit pas

Nous sommes en retard, il faut se presser

Dépêchez-vous, le train part 

Il est agité, il est énervé

Nous sommes en retard, il faut speeder


Speedez-vous, le train part

Il est speed

 

Définitivement

Le 02 mai 2013

Néologismes & anglicismes

L’adverbe définitivement existe en français et signifie « de manière définitive » ou « pour en finir ». L’anglais definitely a la même origine, mais il n’a pas le même sens : il sert essentiellement à donner plus de poids à une réponse affirmative. Ne confondons pas les deux langues, et préférons « absolument, vraiment » ou « oui, bien sûr » pour mettre en valeur nos propos ou répondre par l’affirmative à une question.

 

On dit

On ne dit pas

Viendrez-vous demain ? Oui, bien sûr

Je suis absolument sûr de moi

Viendrez-vous demain ? Définitivement

Je suis définitivement sûr de moi

Money time

Le 02 mai 2013

Néologismes & anglicismes

Les anglicismes sont généralement empruntés à l’anglais, mais on en trouve aussi qui ont été composés dans notre pays et ne se rencontrent pas dans le pays dont ils sont censés venir. C’est le cas de Money time, qui s’est d’abord entendu dans des commentaires sportifs de matchs de basket-ball et que l’on rencontre maintenant à propos d’autres sports comme le handball ou le tennis, pour désigner tantôt la fin, tantôt les instants décisifs d’un match. La langue anglaise utilise d’autres expressions pour décrire ce type de situation, la langue française également ; utilisons-les plutôt que cet anglicisme de mauvais aloi.

On dit

On ne dit pas

Un panier marqué à la toute fin du match

Il a bien joué les points importants

Un joueur qui sait arracher la victoire

Un panier marqué pendant le money time

Il a bien joué les points du money time

Un joueur de money time

Business

Le 04 avril 2013

Néologismes & anglicismes

Business est un anglicisme assez ancien ; il apparaît en 1884 dans La Rue à Londres, de Jules Vallès, et signifie « affaires commerciales ». Il se spécialise ensuite, dans la langue populaire, au début du xxe siècle pour désigner le commerce des corps, la prostitution surtout dans la locution faire le business, « se prostituer ». Depuis les années cinquante, ce mot est employé en apposition dans la locution showbusiness, souvent abrégée en showbiz. Ce type de construction, propre à l’anglais mais assez éloignée du génie de la langue française qui lui préfère les tours prépositionnels, semble se multiplier aujourd’hui. Qui n’a pas rencontré des formes comme sport business, foot business, charité business et bien d’autres encore. Dans ces emplois, business peut être avantageusement remplacé par des formes comme marchandisation, exploitation, etc. Pourquoi s’en priver ?

 

On dit

On ne dit pas

La marchandisation de la charité

L’exploitation commerciale du sport

Un plan de développement

Le charité business

Le sport business

Un business plan

 

Friendly

Le 04 avril 2013

Néologismes & anglicismes

Voici un autre cas mêlant un anglicisme et l’usage abusif de la construction appositive : les locutions bâties sur le modèle de gay friendly, expression employée pour caractériser les bars, cafés, etc. qui accueillent sans aucune discrimination les personnes homosexuelles ou qui en font leur clientèle privilégiée. On rencontre aujourd’hui, parmi beaucoup d’autres, les formes hétéro friendly, family friendly, child friendly, etc. Il existe de nombreux équivalents français pour remplacer ces tournures. On pourrait penser à l’adjectif sympathisant déjà utilisé par La Fontaine au sujet du chat dans la fable intitulée Le Cochet, le Chat et le Souriceau :

« Je le crois fort sympathisant

Avec Messieurs les Rats ; car il a les oreilles

En figure aux nôtres pareilles. »

Mais il existe aussi d’autres termes de sens équivalent comme accueillant, amical, respectueux, etc. Ne serait-il pas préférable de les utiliser ?

 

On dit

On ne dit pas

Qui accueille volontiers les enfants

Ouvert aux conjoints

Respectueux de l’environnement

Child friendly

Conjoint friendly

Éco-friendly

 

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